Gass., t. II, p. 284 et sq
les taches de la peau, la mauvaise conformation de la bouche, etc.; en un mot, la plupart de nos qualités et de nos défauts.
C. — La vie *, avons-nous dit, n'est qu'une génération continuée ; les phénomènes qui la caractérisent n'en sont pas moins surprenants, ni moins difficiles à expliquer. Vivre, en effet, pour la plante comme pour l'animal, c'est grandir et se développer; c'est accomplir une multitude de fonctions délicates dont le jeu nous est le plus souvent inconnu; c'est être soumis à la loi d'un renouvellement continuel, échanger les éléments qui nous constituent contre des éléments nouveaux, des matériaux usés contre des matériaux pleins de sève; vivre, c'est, au milieu de ce tourbillon d'atomes, conserver sa physionomie propre et perpétuer l'espèce à laquelle on appartient ; c'est accomplir l'œuvre la plus simple, la plus commune, la plus élémentaire, en apparence; en réalité, la plus compliquée, la plus surprenante, la plus merveilleuse. Aussi ne faut-il pas chercher à définir la vie : chacun comprend ce qu'elle est, il n'est personne qui le puisse dire. Toutefois, si elle réside dans un écoulement et un renouvellement perpétuels; si le corps vivant, semblable au navire Argoz^ qui paraissait toujours le même, bien que toutes les pièces en eussent été remplacées, se renouvelle aussi sans cesse ; si le principe vital qui est composé d'atomes subtils est soumis également à cette loi, comment rendre compte de l'unité et de l'harmonie 4es phénomènes vitaux? — Il suffit pour cela, nous dit Gassendi, en s'appuyant sur les principes qu'il a exposés, d'admettre que les parties nouvellement introduites prennent exactement la place de celles qu'elles remplacent, et qu'elles conservent toujours même disposition et même configuration. Ainsi, les molécules qui surviennent ne différant pas de celles qui sont chassées, « ce n'est pas merveille si les mêmes inclinations demeurent, en sorte qu'il soit toujours vrai de dire, qu'on a beau chasser la nature, elle revient toujours' ».
D. — Toutes ces explications sur la formation de la semence, sur la génération et la vie nous paraissent aujourd'hui naturellement bien incomplètes, surtout quand nous les rapprochons de celles qui nous sont fournies par la science contemporaine ;