‹ La philosophie de GassendiChapitre 51 sur 178 · Id., t. I, p. 493, 494; t. II, p · texte numérisé non relu

Id., t. I, p. 493, 494; t. II, p

des esprits une fois dégagés du corps malade, recouvre sa liberté première et agit comme elle agissait à l'origine *. — II est une autre raison de ces faits que Gassendi ne donne nulle part d'une manière formelle, mais qui ressort de sa théorie tout entière : Tâme est bien, sans doute, le principe directeur et ordonnateur de l'être vivant; c'est elle qui façonne le corps, l'organise, en dispose les parties en vue de certaines fonctions spéciales et régulières, mais les matériaux que cette âme emploie ne sont pas des matériaux inertes^ incapables de résister à son action et de lui faire obstacle; les atomes, comme nous l'avons montré, sont résistants et actifs ; ils sont aussi des forces ; il est donc naturel que, parfois, ils soient moins dociles et rendent le travail du principe directeur plus difficile. Ainsi s'explique l'insistance avec laquelle Gassendi revient sur certaines comparaisons qui lui sont chères. Il en est, nous dit-il, à maintes reprises, dtt corps vivant comme d'une république ou d'une armée : chacun des éléments qui le composent, comme chaque homme, chaque soldat a son activité propre et concourt efficacement à l'oeuvre totale '.

Enfin, à ces infiuences il faut ajouter celle de l'imagination.

^'image des choses extérieures peut agir si puissamment sur

lô oerveau et sur la phantaisie qui y réside, que, par la phan-

W^ie, les appétits et les esprits dont ils se servent, soient

^olement modifiés. Cette modification est donc ressentie dans

' Organisme entier; de telle sorte que, « s'il arrive que le déta-

pix^ment de la semence se fasse, les esprits modifiés qui arrivent

J^^^qu'à elle, l'excitent, la pénètrent, informent sa masse d'une

'^^^nière particulière et lui communiquent leur impression; si

^^^n que ces particules s'arrangeant ensuite en formant le fœtus,

^^ prenant chacune leur lieu propre, retiennent le vestige de

S-mpression ou conservent la ressemblance avec l'image ' ». Par

^ s'expliquent les ressemblances frappantes que nous remar-

^Vions quelquefois entre les enfants et telle ou telle personne,

^^Ue ou telle image ou statue; par là s'expliquent et les mons-

^"^mosités qu'offrent certains animaux, comme l'hermaphrodisme,

ces défectuosités qui fréquemment se rencontrent, telles que

1. Gass., II, p. 272. Voir plus loin, 2» partie, ch. u, de rimagination.

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