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CHAPITRE IV

meilleurs écrits du poète sur la botanique, ranatoraie comparée, la géologie et ro|)ti(jue, en même temps que par une appréciation générale de ses doctrines en histoire naturelle. MM. Ch. Martins et Faivre, ont étudié avec un tel soin cette partie des œuvres de Goethe, qu'ils ont fait leurs ohligés de tous ceux qui reviennent à ce grand sujet. Si ce n'est pas précisément une découverte, c'est du moins une prise (le possession.

L'ohjet que nous nous proposons ici n'est pas le même. Nous ne prétendons examiner les travaux scientifiques de Goethe que dans leurs rapports avec sa philosophie. Un esprit généralisateur comme celuilà n'a [)u se restreindre à quelques découvertes ni à quelques aperçus de détail. Il a certainement cédé à l'attrait souverain des grandes vues; il a dû concevoir à sa façon la nature après en avoir observé les phénomènes avec toute l'attention dont il était capable. Comment cette conception de la nature s'est-elle progi'f^ssivement formée dans son esprit? Par quels degrés de généralisations successives sa pensée s'estelle élevée juscprà ces hauts sommets d'où elle domine encore une partie de son temps et de son pays? Telle est la question que nous avions constamment devant les yeux lorsque nous parcourions avec curiosité ces riches domaines, accessibles même aux profanes, la Morphologie et les Fragments dliistoire 7iniurelle, Dans le savant nous cherchions le philosophe. L'avonsnous trouvé? Tenons-nous enfin les véritables sources de la philosophie de Goethe?

Si l'on a suivi, dans le tableau que nous venons de tracer, les travaux scientifiques de Goethe, on a pu

voir que ses découvertes positives ne sont pas très noml)reuses : c'est la métaïuorpliose des plantes, c'est l'os intcrmaxillaire rétabli dans le squelette humain, c'est l'analogie du crâne et de la vertèbre. Encore la priorité de cette dernière théorie, les vertèbres crâniennes, lui a-t-elle été vivement disputée, soit par Oken, qui en a doiiné en 1807 le dévelo[)peinent scientifique, soit par d'autres adversaires qui ont signalé [)our la première fois cette vue dans les leçons du professeur Peter Franck dès 1792, tandis (pie VUistoire de mes travaux anafoniifjueSy où Goethe a |)ublié ses idées sur ce sujet, n'a paru ([n'en 18^20. Néaiunoins l'auteur déclare expressément « qu(î depuis trente années il était convaincu de cette afiinité secrète du crâne et de la vertèbre », et la j)reuve en est dans ses lettres et ses cahiers de morphologie. Quoi qu'il en soit de cette contestation et de bien d'autres qui n'ont épargné ni sa découverte de l'os int(;rmaxillaire, ni même sa théorie de la métamorphose des plantes, d(»nt la Philosophie botanique de Linné contient le germe ^, ce n'est pas dans les résultats positifs des travaux de Goethe qu'il faut chercher la mesure de sa valeur scientifique. Elle est ailleurs, dans les aperçus philosophiques sur la science de la nature répandus à travers tous ses écrits d'une main [)resque prodigue. C'est là qu'on j)eut prendre une juste idée de cet esprit si compréhensif et si pénétrant.

De l'aveu de tous les grands naturalistes du dixneuvième siècle, de Cuvier lui-même comme de

i. « Princlpium florum et foliorum idom est. »

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