‹ La philosophie de H. TaineChapitre 36 sur 51 · LES PENATES · texte numérisé non relu

LES PENATES

Prends ton ciseau, sculpteur; polis ton diamant, Lapideur; émailleur, fonds ta pâte. Les belles Que j'aime, les voici ; je les veux immortelles ; Éternisez pour moi leurs grâces d'un moment.

Sauvez-les de la mort par votre enchantement. L'une est noire; ses cils couvent des étincelles. Le jaspe étoile d'or me rendra ses prunelles, Et le basalte noir son corps souple et charmant.

L'autre est de jais, d'albâtre, et d'ambre chamarrée ; Pour .sa robe, taillez la roche bigarrée; L'émeraude fera la splendeur de ses yeux ;

Et j'aurai, pour peupler mon intime oratoire, Parmi mes Dieux privés, deux Lares glorieux, La Vénus tricolore et l'Aphrodite noire.

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LA PHILOSOPHIK

Deux sages ont coimu la vérité suprême ; Mais chacun dément l'autre et le condamne à tort ; L'un nous dit: « Soutiens-toi, sois patient et fort ». Et Tautre : « Sois heureux, jouis à Finstant même »,

Épicure et Zénou^ sur l'antique trirème.

Ont serré de trop près ou l'un ou l'autre bord. Nous échouons comme eux en atteignant le port. Les chats ont résolu l'insoluble problème.

Le plaisir, comme il vient ; la douleur, s'il le faut, Puss, vous acceptez tout, et le soleil, là-haut. Quand il finit son tour dans Timmensité bleue.

Vous voit, couchée en cercle, au soir comme au matin; Heureuse sans effort, résignée au destin.

Lisser nonchalamment les poils de votre queue.

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