L.\ SOCIÉTÉ
Ni rHellènc bavard, ni le brutal Romain,
N'ont su gagner du chat la confiance intime.
Son cœur, qui vaut beaucoup et qui beaucoup s'estime.
Fuit la société du rustre et du gamin.
Seule, la vieille Egypte a trouvé le chemin Qui nous ouvre Taccès de ce cœur magnanime. Son culte solennel fut un pont sur l'abîme Entre la bcte auguste et l'animal humain.
Trente siècles durant, du haut de ses pylônes, Le chat vit à ses pieds la majesté des trônes Et le front prosterné du Pharaon vainqueur.
Un peuple en pleyrs suivait ses pompes mortuaires ; Pour sa tombe on sculptait l'onyx des sanctuaires; 11 sut par nos respects que l'homme avait un cœur.
LA lŒLIGION
Dès l'aube, par essaims, les pèlerins avides S'amoncelaient au seuil du portique carré, Muets, béants, le cœur par l'attente serré. Sur le spéos obscur fixant leurs regards vides.
Le soleil, blanchissant l'azur des cieux torrides. Marchait dans le chemin par l'homme mesuré; Les rayons ellleuraient renfoncement sacré, Quand l'ombre s'allongeait au pied des Pyramides.
Puis l'astre horizontal vidait son carquois d'or ;
Son dernier dard pcr(:ait l'oblique corridor
Où la myrrhe et l'encens montaient en vapeurs droites ;
Et l'on voyait, au fond du tabernacle ouvert. Arrondissant son dos et clignant son œil vert, Le divin quadrupède aux pupilles étroites.
TAINE POETE
UIS SOIVKNHÎS
Il siège au coin du feu, les paupières mi-closes, Aspirant la chaleur du brasier qui s'éteint ; La bouilloire bouillonne avec des bruits d'étain ; Le bois flambe, noircit, s'effile en charbons roses.
Le royal exilé prend de sublimes poses; Il allonge son nez sur ses pieds de satin ; Il s'endort, il échappe au stupide destin, A l'irrémédiable écroulement des choses.
Les siècles en son cœur ont épaissi leur nuil. Mais au fond de son cœur, inextinguible, luit Comme un flambeau sacré, son rêve héréditaire :
Un soir d'or, le déclin empourpré du soleil. Des fûts noirs de palmiers sur l'horizon vermeil. Un grand fleuve qui roule entre deux murs de teire