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liaire du kantisme, à moins qu'il ne se risque à le combattre : mais avec quelles chances de succès? Fort embarrassé, il se décide pour une solution moyenne et prudente. Il indiquera pourquoi il ne peut se ranger au kantisme, mais il aura soin de faire ressortir la parenté de cette nouvelle philosophie avec sa propre doctrine.
Deux lettres, datées de la fin de 1789, et qui sont les seules, semble-t-il, que Jacobi et Kant aient échangées f, donnent assez exactement l'impression de l'attitude qu'ils observent à l'égard l'un de l'autre. Kant est poli, aimable môme ; mais on sent qu'il se tient à distance, et que ces compliments ne l'engagent point. « Tous mes remerciements pour la dernière édition de votre bel ouvrage sur la Doctrine de Spinoza. Vous y avez acquis le mérite d'exposer avec la plus grande clarté les difficultés qui hérissent la voie téléologique de la théologie, et qui vraisemblablement ont conduit Spinoza à
son système Celui qui montre les écueils ne les a pas
pour cela placés lui-môme, et quoiqu'il affirme l'impossibilité de passer au travers à toutes voiles (comme le voudrait le dogmatisme), il ne nie pas pour cela la possibilité de les franchir heureusement. Je ne crois pas que vous trouviez la boussole de la raison inutile dans ce cas, ni que vous la jugiez trompeuse Vous avez réfuté de la façon la plus
complète le syncrétisme du spinozisme avec le déisme2 »
Et Kant explique enfin à Jacobi pourquoi il a dû écrire l'article : « Qu'est-ce que s'orienter dans la pensée? » Il lui fallait se laver du soupçon de spinozisme : la critique qu'il a faite des principes de Jacobi n'ôte rien à l'estime en laquelle il tient l'auteur.
Le ton de Jacobi, dans sa réponse, est beaucoup moins assuré. Il n'a pas la parfaite tranquillité de Kant, qui sait ce qu'il veut, et jusqu'où il va. Il se répand en protestations : il ne peut dissimuler pourtant l'inquiétude qu'il a ressentie en voyant Kant se demander, après tant d'autres x