‹ La philosophie de Jacobi (volume 2)Chapitre 118 sur 161 · SW, III · texte numérisé non relu

SW, III

JAGOBI ET KANT 179

si Jacobi ne fait pas fi de la raison. « Je vous ai toujours appelé mon maître, dit-il, celui que j'admirais déjà dans ma jeunesse, le cœur tremblant, et devant qui je m'incline aujourd'hui avec respect, comme devant un puissant conquérant et un sage législateur de l'empire des sciences. Je le faisais déjà à une époque et dans des circonstances où l'ombre même d'un soupçon de flatterie ou d'intérêt ne pouvait

tomber sur moi à ce propos Après ce que vous voulez

bien me dire, je ne saurais me plaindre de votre article »

Mais comment Kant a-t-il pu se demander si Jacobi n'était pas d'accord, au fond, avec les sceptiques, pour mépriser la raison? Au contraire, le mysticisme de Jacobi prétend être, en même temps, un « vrai rationalisme ». Jacobi tient à dissiper toute équivoque sur ce point. « Je sais que la première édition de mon ouvrage contenait des passages obscurs : mais je crois, dans la plus récente, avoir exposé ma conviction avec toute la clarté désirable. J'affirme une liaison, aussi évidente qu'inconcevable pour l'homme, du sensible avec le suprasensible, du naturel avec le surnaturel. Cette union, une fois perçue et reconnue comme réelle et certaine, fournit une solution satisfaisante des apparentes contradictions de la raison avec elle-même. . . Et toutes ces connaissances naissent, selon moi, de l'intuition immédiate que l'être raisonnable a en lui-môme de sa connexion avec l'être absolu, et avec le monde qui en dépend. .. Mais je me sépare surtout de vous pour la théorie de la connaissance. . . Après tout, je ne puis être bien profondément dans l'erreur, puisque mes conclusions concordent presque avec les vôtres •. »

Jacobi ne voulait-il ou ne pouvait-il donc pas comprendre ce qui rendait sa doctrine inacceptable aux yeux de Kant ? Les explications qu'il donne sont plutôt de nature à confirmer celui-ci dans sa défiance, et à accroître son éloignement. Jacobi insiste sur la concordance de ses conclusions avec celles de Kant. Mais, par elle-même, cette concordance

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