‹ La philosophie de Jacobi (volume 2)Chapitre 52 sur 161 · SW, H · texte numérisé non relu

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un savoir. Disons -le donc enfin, c'est une « croyance » (Glaube)%. La raison est la faculté de la croyance à l'absolu : nouvelle définition qui rejoint les précédentes. Cette croyance est rationnelle sans doute, mais non pas dans le sens où Kant prend ces mots. Selon Kant, le libre arbitre et l'existence de Dieu étant postulés par la raison pratique, nous avons le droit, et, dans une certaine mesure, le devoir d'y croire. Mais notre connaissance n'est pas étendue par là. Nous n'en savons pas plus qu'auparavant. Ces objets demeurent pour nous inaccessibles, et l'existence même en reste hypothétique. La croyance kantienne est donc une adhésion volontaire, nullement instinctive. Elle a un caractère moral; elle peut être une source de mérite. La croyance dont parle Jacobi est, au contraire, spontanée et immédiate. Elle fait l'essence môme de la raison, et la raison n'existe qu'en tant qu'elle participe à son objet. « La raison ne tire pas d'elle-même l'idée de l'absolu : c'est elle qui sort de lui véritablement. Elle n'est que par lui. Il lui est donné, et elle est donnée à elle-même avec lui. . . Comme elle se fie à la réalité de cette idée, ainsi se fie-t-elle à elle-même «. » En un mot, pour la raison, croire à l'absolu, c'est s'affirmer. N'y pas croire, s'il était possible, serait se détruire.

Mais cette raison ne peut-elle pas être trompeuse ? Vous avouez qu'elle ne sait pas, qu'elle est incapable de voir et de connaître le vrai, qu'elle le « présuppose » seulement audessus d'elle. Au rebours des philosophies ordinaires, qui opposent volontiers la raison au sentiment, vous nous présentez une raison qui est elle-même sentiment. Tendance, instinct, intuition aveugle, pressentiment, anticipation,

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