SW, II
2. Goethe, Farbtnlehre, Voriort, eâté par Jacobi. SW, III. 239.
quelle soit, non pas abstraite et formelle comme lui, mais concrète et divinatrice comme l'instinct. Etre raisonnable ne consiste pas proprement à former des jugements universels et Nécessaires, à construire les mathématiques, ou à découvrir les lois de la nature. Sans doute la raison y est indispensable, mais cela est plus spécialement l'office de l'entendement. Etre raisonnable, c'est avant tout pressentir qu'il existe une réalité au prix de laquelle l'univers et nousmêmes nous ne sommes rien ; c'est aimer le bien, c'est croire en Dieu. Avec la raison ainsi définie, Jacobr pensait atteindre le double but qu'il s'était proposé. Il ruinait le rationalisme abstrait des « philosophes », en y opposant une conception plus métaphysique et plus pleine de la raison et de son objet. Du môme coup, il jetait la base d'une doctrine en harmonie avec ses convictions morales et religieuses, et il rétablissait en leurs droits le sentiment, la foi et le mystère.