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cl psychique. C'est pourquoi elle n'est pas connue, au sens propre du mot, ne peut pas l'être, et ne le sera jamais. Notre ignorance est de deux sortes. L'une est provisoire, et son domaine se rétrécit chaque jour, à mesure que s'agrandit relui de la science. L'autre est irrémédiable, et il ne tient pas à nous d'en sortir, puisqu'elle provient de notre constitution d'êtres à la fois raisonnables et finis. Eh bien ! la liberté appartient à l'ordre des réalités qui passent notre faculté de comprendre1. Elle est, et doit être un « miracle perpétuel* ».
La doctrine de Jacobi côtoie ici celle de Kant ; mais qu'elles sont différentes d'esprit et de portée ! Sans doute, lorsque Jacobi oppose la liberté à la nature, on pense aussitôt à la distinction établie par Kant entre le déterminisme des phénomènes et la liberté nouménale. Mais Kant n'admet pas d'intuition qui corresponde à l'idée de la liberté : celleci ne prend un sens pour lui que par le devoir. Jacobi au contraire n'est sûr de rien autant que de sa liberté. Sa certitude est immédiate et parfaite': elle se fonde sur un sentiment irrésistible qu'il appelle raison. Loin que la liberté demeure pour lui, comme pour Kant, un concept négatif, elle est la lumière centrale qui éclaire le reste. Il tient tellement à l'affirmation spontanée de la liberté qu'il en fait le trait essentiel de sa doctrine. « Admettre une intelligence et une liberté véritables, non seulement dans l'être suprême, mais aussi dans tout être raisonnable, et affirmer que ces deux facultés se supposent réciproquement : voilà ce qui distingue ma philosophie de toutes celles qui se sont produites depuis Aristole3. » En effet, en quoi consiste, à ses propres yeux, l'originalité de Jacobi? A rabattre l'orgueil de l'entendement et de la philosophie dogmatique qui se fonde sur lui : à faire voir que, si tout s'explique, tout est