S\V, II, 322. Cf. Meikr. 171. Lettre du 2 mars 181G
2. SVV, VI, 174 : der Freiheit, die cin continuirliches Wunder ist. »
3. SW, II, 46; VI, 231; Roth, II, 463. Lettre à Jean-Paul du 11 mai 1817; SW, VI, 231.
nécessaire. Il enferme le philosophe dans ce dilemme : ou accepter un mécanisme insupportable à la conscience, ou admettre, avec le mécanisme et au-dessus de lui, le « miracle perpétuel », c'est-à-dire la liberté. Mais comment ce miracle est-il possible? — Je n'en sais rien, répond Jacobi : je n'en saurai jamais rien. Mais peu m'importe. Je sens que je suis libre, et la certitude de ce sentiment est supérieure à l'évidence d'une démonstration. Cette coexistence en moi de la liberté avec le mécanisme est un miracle. Cela scandalise les philosophes dogmatiques, qui se croient tenus de nier le miracle. Autant nier l'homme, le monde et Dieu : car le miracle est partout.
La dignité de l'homme ne consiste pas à savoir tirer des conséquences : de cela les animaux mômes sont capables. Elle ne consiste pas non plus à construire un corps de sciences rigoureuses, dont les applications sont certes fort utiles, mais dont le rapport au réel demeure obscur et lointain. La dignité de l'homme consiste à voir son néant au prix de l'absolu : — c'est la raison ; et à se sentir capable de maîtriser ses passions : — c'est la liberté. Plus cette liberté est incompréhensible, plus elle est un « miracle perpétuel », et mieux elle nous révèle notre essence, mieux elle nous assure que nous n'appartenons pas tout entiers à la nature. Quoi de plus absurde, dès lors, que les efforts des philosophes pour insérer la liberté dans le cadre de leurs systèmes ? Mieux vaut la nier franchement, comme Spinoza, que d'en faire, comme Leibniz, une « nécessité morale ». Mais mieux vaut encore, dit Jacobi, avouer qu'elle est tout ensemble inintelligible et réelle.