V, IV
Lli PHILOSOPHIE SE JACOBI
éclipse pendant l'époque sombre où la scolastique était toute-puissante : elle renaquît avec un éclat d'autant plus Tif à l'aurore du xvii' siècle. C'est sur elle que Descartes bâtit son système... » Cette science de la nature est symbolique, sans doute, et, si l'on ose dire, extérieure. Elle a pourtant sa vérité. L'esprit peut s'en satisfaire, et l'expérience a prouvé que c'était un merveilleux instrument de conquête.
Jacobi est donc fort loin de condamner le mécanisme absolument. Au contraire, il pense, comme le dira plus tard F.-A. Lange, que c'est une escellcnte hypothèse pour l'élude scientifique de la nature. Tout ce que Jacobi a voulu établir, c'est que le mécanisme est la formule inévitable de l'intelligibilité. Il peut donc conclure maintenant. Il n'y a pas pas de métaphysique scientifique, car notre connaissance proprement dite n'atteint pas l'ûtre. Mais si l'esprit humain s'obstine à vouloir construire une métaphysique, une seule est logiquement possible, c'est le spinozisme. Seul en effet ce système « explique •• Dieu et la nature, en passant analytiquement de l'un à l'autre. Seul, il n'hésite pas à proclamer l'universelle nécessité de tout ce qui est, a été ou sera. Seul, il permet de comprendre toutes choses swi specie œteiTtilatis. Tonte métaphysique qui refuse de ramener le principe de causalité au principe de substance, et tous deus an principe d'identité : toute métaphysique qui hésite à appeler Dieu nalura naturarts, et à l'idenllfler avec la natura nalm-ata, reste à moitié chemin, et n'arrive point à la parfaite intelligibililé. Avec un Dieu distinct du monde, avec la contingence, avec la finalité, appai'aissent l'inexplicable, l'incompréhensible, le mystère. L'insupportable fatalité ne peut être levée que par une pliilosophie de la croyance,
Jacobi a donc élabU son dilemme ; d'un côté, intelligibilité, démonstration, mécanisme, c'est-à-dire spinozisme; de l'autre, mystère, contingence, liberté, c'est-à-dire platonisme ou christianisme. Il faut choisir. Le choix ne sera pas dou teux, car le spinozisme est intenable.