‹ La philosophie de JacobiChapitre 65 sur 141 · JACOBI ET LE SPISOZISME · texte numérisé non relu

JACOBI ET LE SPISOZISME

U l'est d'aboi-d, parce qu'il nie Dieu. « Le apinozisme, c'est ralhéiame '. » Foiinule surprenante : Jacobi n'a-t-il pas fait lui-même, plus d'une fois, un éloge enthousiaste du sens religieux de Spinoza? Ne sait-il pas qu'on va protester de toutes parts ? Que Herder et Gœtlie, en particulier, laisseront difQcilement accuser d'athéisme leur métaphysicien favori, et iju'ils le proclameraient plutôt, comme fera plus tard Schleiermacher, « ivre do Dieu » ? Cette fois encore Jacobi abuse, ou, pour mieux dire, il mésuse des mots : le paradoxe s'atténue quand on précise le sens spécial qu'il leur douue. Est atbée, selon Jacobi, quiconque n'est pas théiste. Dès que l'on ne croit pas en un Dieu vivant et conscient, créateur et juge de de l'univers, on n'a pas le droit de parler de Dieu. Entre l'anthropomorphisme et l'athéisme, point de milieu.

Sans doute la raison proteste contre un anthropomorphisme enfantin, qui se représente Dieu sous une forme servilement humaine, avec un corps, des pieds, des mains, ayant besoin d'un œil pour voir, d'une oreille pour entendre, et de réfléchir pour savoir ce qu'il veut '. « Mais elle se révoltera encore bien davantage si, divinisant la nature, lu lui enseignes un Dieu qui a fait l'œil, et ne voit pas, qui a construit l'oreille, et n'entend pas, qui a produit l'enlendement et ne perçoit rien, ne sait rien, ne veut rien, . . et n'est donc rien ! Dis donc franchement : Dieu n'est pas !.. » Or Spinoza se déclare contre l'antliropomoiphisme en termes fort nets. La conclusion est facile à tirer. Spinoza, il est vrai, avait l'âme sincèrement religieuse. II a vécu comme un saint, avec la seule passion de la vérité. U a cherché Dieu de tout son cœur. Lui-même n'était donc pas athée : son système l'est

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