‹ La philosophie de JacobiChapitre 80 sur 141 · BoTH, II, !71-a80, LeUre du 22 aTril · texte numérisé non relu

BoTH, II, !71-a80, LeUre du 22 aTril

JACOUI ET FIGIITE 217

rommence par la faire évanouir. Jacobi n'aura donc pour

la philosophie qui analyse et qui gi^néralïsc que i-aillerie et mépris. Bappelez-vous la scène de Faust où Méphislophélès, grave sous la robe du docteur, vanle à l'étudiant qui le consulte les procédés de la science :

Pour connaître et décrire une chose ayant vie, Mettez deiiors l'esprit premièrement, Alors en main nous avons les parties, I.c lien spirituel y manque seulement '.

N'y aurait-il pa3 là, comme un écho des conversations de ] Gœthe et de Jacobi?

Quoi qu'il en soit, Fichte dut se rendre à l'évidence, et J renoncer A l'espoir d'amener Jacobi à son idéalisme transcendental. Il en prit son parti, et il s'en expliqua nettement dans une noie de son opuscule satirique Vie et opinions étranges de Frédéric Nicalaï {1801). Des dissentiments considérables, dit-il en substance, se sont élevés entre Jacobi et moi. Ils tiennent surtout à ce que Jacobi ne m'a pas compris sur certains points essentiels, et cela, très probable- . ment, par ma faute. " Mais quelle qu'en soit la raison, et | quelque langage que Jacobi juge bon de tenir sur moi, qui I puisse m'obliger à lui répondre ; — etmiîme si, selon la des- J tinée commune, Jacobi subissait l'afTaiblissement de l'âge, et n'avait point d'ami pour l'avertir et l'empôcher de paraître inférieur à lui-môme devant le public ; — rien de tout J cela ne m'empochera de le regarder, pour le passé, comme I un des premiers hommes de son temps, comme un des rarea j chaînons de la vraie tradition philosophique*. »

L'éloge n'est pas mince. Mais il a comme un air d'oraison \ funèbre, et Jacobi dut sentir surtout ce qu'il avait de mor-l tilianl. Il est pénible â un philosophe de s'entendre vanter 1 pour son action « dans le passé ", et l'allusion au déclin de

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