‹ La philosophie de Jacobi [microform]Chapitre 10 sur 138 · SW, I, 365. Lettre du 16 juin · texte numérisé non relu

SW, I, 365. Lettre du 16 juin

mi

fi

iMi

Ir

de venir. Il S Y rencontra avec son cher Glaudius; il s'y lia aussi avec Herder, d'une amitié très chaude au début, mais qui ne fut jamais ni bien intime, ni bien durable. A des divergences d'opinions philosophiques s'ajoutèrent bientôt des froissements d'amour-propre. Jacobi et Herder étaient tous les deux trop « sensibles >>, et cette sensibilité n'allait point sans beaucoup de susceptibilité. Gœthe était moins irritable, et il opposait à la critique une indifférence sereine dont Jacobi s'émerveillait*. Dans ses relations avec Jacobi luimôme, pour éviter les froissements secrets et les récriminations sentimentales, Gœthe semble s'être fait une loi de ne pas lui cacher ce qu'il pense, quand il ne partage point ses opinions ou qu'il désapprouve sa conduite. Gelte franchise parfois brutale préserva leur amitié beaucoup mieux que n'eussent fait les ménagements les plus adroits. Leur correspondance en est aussi plus intéressante. Nous y voyons, par exemple, Gœthe exposer sa façon personnelle de comprendre Spinoza, ou dire crûment sa pensée sur des gens comme Lavater», qu'il en était venu à mépriser, quoiqu'il le sût en excellents termes avec Jacobi.

Cependant les Lettres sui- la Doctrine de Spinoza avaient jeté Jacobi en pleine môlée philosophique. A cette attaque directe, Mendelssohn avait répondu, et ses amis de la Bibliothèque Allemande Universelle s'étaient joints à lui. Jacobi avait riposté. La polémique entre lui et la « clique de Berlin » n'avait pas tardé à devenir aigre et violente. Les meilleurs amis de Jacobi s'affligeaient de le voir engagé dans une querelle qui menaçait de s'éterniser, et où les injures peu à peu remplaçaient les raisons. En vain Jacobi s'efforce d'élever le débat en publiant son dialogue intitulé David Hume ou Idéalisme et Réalisme (1787). En vain il y corrige les intempérances de langage auxquelles il s'était laissé aller dans les Lettres sur la Doctrine de Spinoza. En vain, il

Page 1