RoTH, 1, 20y. Lettre h Wieland du 22 mars
2. Briefwecàsel zwtschen Qœthe und Jacobi, p. 164. Lettre de Gœthe du 7 juillet 1793. — Cf. p. 105. Lettre de Gœthe du 5 mai 1786.
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essaye de préciser le sens qu'il donne au mot croyance, et de prendre nettement position entre Wolff, Hume et Kant. Comme il fait sans cesse appel à l'intuition immédiate, il persiste à attribuer à ses convictions la valeur de vérités certaines. L'ardeur de ses croyances lui en garantit trop facilement la légitimité. Elle lui suggère des sophismes que ses adversaires s'empressent de dénoncer, et que ses amis mômes sont obligés de blâmer. L'impression qu'avaient produite d'abord les Lettres sur la Doctrine de Spinoza ne s'efface pas. Les rationalistes ne prêtent pas grande attention à l'effort que fait Jacobi pour donner à sa doctrine une forme vraiment philosophique. Ils continuent à le traiter de rêveur, de mystique, d'ennemi de la raison. Ils l'accusent même d'être affilié à quelqu'une des sociétés secrètes qui pullulaient alors en Allemagne, les unes cherchant à répandre les idées libérales, les autres, à les combattre, plusieurs de celles-ci sous la direction occulte des jésuites. Jacobi, dit-on, doit être un champion de ces derniers, ou du moins une de leurs dupes. Plus Jacobi proteste, plus ses adversaires, qui le sentent touché, redoublent leurs insinuations. Et ces criailleries n'auraient pas eu de fin, si les pre- . miers grondements de la Révolution française n'étaient venus faire le silence dans l'Allemagne attentive.
On sait que les écrivains allemands, presque sans exception, célébrèrent d'abord la Révolution française comme une ère nouvelle dans la vie de l'humanité, comme un pas en avant sur le chemin de la vérité et de la justice. C'était une grande espérance qui se levait. C'était l'âme du siècle qui prenait corps. Mais beaucoup d'entre eux changèrent vite de sentiment. Beaucoup, comme Klopstock, eurent bientôt honte d'avoir chanté les louanges du peuple français, et d'avoir proclamé que la réunion des États-Généraux semit une date unique dans l'histoire. Jacobi fut un des premiers à augurer mal de l'avenir, et à estimer que la Révolution faisait fausse route. « Déjà au mois d'août 1789, écrit-il, j'avais cessé de me réjouir de la Révolution française, et depuis
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lors mon découragement n'a fait qu'augmenter* ». Non qu'il jugeât la Révolution illégitime dans son principe, et mauvaise, si l'on peut dire, par définition. Il est au contraire fort bien disposé pour elle. Partisan du progrès politique*, il trouve naturel et juste que l'ancien régime, trop lourd de privilèges et d'abus, disparaisse, et cède la place à des institutions mieux adaptées aux besoins nouveaux. Mais la méthode suivie par les révolutionnaires est absurde. Qu'attendre de gens qui ne reculent pas devant une rupture complète avec le passé de la nation, et qui affichent la prétention prodigieuse de recréer la France tout d'une pièce? Comment ce superbe mépris de la continuité historique échapperait-il au châtiment? Aussi, lorsque parurent, en octobre 1790, les Réflexions sur la Révolution française^ de Buike, Jacobi s'en déclara ravi^. Il y retrouvait ses propres idées, mais exprimées avec une netteté et avec une force que lui-même n'eût pas su leur donner. Il est h croire que l'éloquence de Burke agit fortement sur l'imagination impressionnable de Jacobi, et l'entraîna à plus de sévérité dans ses jugements que ses principes ne l'auraient demandé. Les événements d'ailleurs se précipitaient. A la Constituante avait succédé la Législative, puis, presque aussitôt, la Convention. Je laisse à penser quels sentiments inspirèrent à Jacobi le Comité do Salul public, l'exécution de Louis XVI, et la Terreur.
Aussi bien, le contre-coup de la Révolution l'atteignait luimôme directement. La grande secousse qui allait boulevorî*or l'Allemagne ébranlait aussi une infinité de fortunes particulières : la sienne était du nombre. Los Français avaient envahi, puis évacué, puis réoccupé la vallée du Rhin. Toute la rive gauche leur était cédée par le traité de Bâle. Jacobi aurait pu, néanmoins, résider encore à Pempelfort. Il préféra se soustraire au voisinage des vainqueurs. Des amis le