‹ La philosophie de Jacobi [microform]Chapitre 119 sur 138 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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que sort la conscience du monde réel, et non cette conscience qui engendre le besoin d'agir. Celui-ci est primitif, celle-là est dérivée. Nous n'agissons pas parce que nous connaissons, mais nous connaissons parce que nous sommes déterminés à agir. La raison pratique est la racine de toute raison. Les lois de l'action pour des êtres raisonnables sont immédiatement certaines, et le monde n'existe certainement pour eux que parce que ces lois sont certaines. »

On comprend dès lors que la Destination de V Homme ait irrité et comme exaspéré Jacobi. Fichte y est à la fois si près et si loin de lui : assez près pour répéter ce qu'il dit de l'intuition, du savoir, de la liberté et de la croyance ; assez loin pour opposer à son dualisme une sorte de monisme moral. Aussi le jugement de Jacobi est-il particulièrement dur. La Destination de V Homme lui paraît un ouvrage exécrable. Le fond n'en vaut rien. La forme en est ridicule, pour ne pas dire grotesque. L'enfiure du style, le tour oratoire sont d'une bien méchante rhétorique*. Il faut du courage à Jacobi pour aller jusqu'au bout. Naturellement, ses amis et ses disciples renchérissent encore sur cette sévérité. Jean- Paul écrit une satire intitulée Claris Fichtiana, avec une dédicace enthousiaste adressée à Jacobi *. Bouterwek s'interroge, et trouve que Fichte lui inspire maintenant un véritable dégoût. Auparavant, il le jugeait seulement pitoyable au point de vue théorique : il le trouve aujourd'hui dangereux au point de vue moral. Les doctrines qu'il enseigne sont pis que des erreurs : ce sont des fautes. Et il termine en définissant le système de Fichte un a onanisme Iranscendental ^ ». Un peu plus tard, Jacobi lui-même se félicite de voir Schelling aux prises avec Fichte. « Tous ces gens-là, ajoute-t-il, sont fous à lier. Il faut les laisser se rompre le cou les uns aux autres, et passer ainsi leur fureur jusqu'à ce qu'ils tombent épuisés *. »

t. ZuPPRiTz. I, p. 234-231. Lettre à Jean-Paul, du 13 février 1800. 1. Jean-Paul-Friedrich Richter's Sâmmtlicàe Werke, t. XXX. Anhana zum erslen komischen Anhang des Titans.

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