‹ La philosophie de Jacobi [microform]Chapitre 121 sur 138 · Z'JrriLiTZ, II. IM · texte numérisé non relu

Z'JrriLiTZ, II. IM

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JACOBI ET SCHELLLNG 223

thie des esprits en Allemagne, tout cela répondait à merveille aux sentiments intimes de Jacobi. Il écrit à son ami Koppen : . Les Caracières contiennent quantité de choses excellentes. Mais Fichte ne les a pas tirées de son système. Il les y a introduites plutôt. On peut tout simplement transvaser ces bonnes choses de son récipient dans un autre et lui rendre le sien. » Et il ajoute : « Je comprends de jour en jour plus parfaitement et plus profondément ce qu'il y a de superficiel et de faux dans les philosophies les plus récenles. Je pourrais le prêcher au peuple du haut des toits • mais je n'ai plus de jambes pour monter, ni de roix pour me faire entendre *. »

Aveu d.. Iassitu<le, ou pour mieux dire, aveu de drcounige. ment, et qui n'était que trop justifia ! Par ce^ « philosophu^s les plus récentes », Jacobî veut ilé.si^ier, .s<ïmb!.v|.il. phitOl encore Sclielling que Fichte. Son dernier ouvrage • Ors choses divines et de leur rétélaiion (I8M), contient une cnticiue de Schelling fort passionnée, mais peu rlairvovante. lacobi saisit bien, en gros, I^x filiation des systèmes J[>o niém.' qu'après Kant, Fichte a dû I^ara^I^c (api-^s l'id^ah'^e mii)arfait la Doctrine de la Science), de môme à Fichte dovait succéder Schelling (à la philosophie <lu moi ah.sohi, la doc- Inne de Tidentité <lt» sujet et de l'objel). Ce dernier sy.^l^ine, Jacnh, l'appelle idêaUmaténaihmeK C'est, selon lui. un pantb^'isme. Une fois posés Ic^ princîp..^ de la Critique de la Ratson pure, il était inévifible que çe système reparût à son l'e'ire : la logique l'exigeait, tout contraire que ce fût ù Fesm et aux intentions de Kant. Celui-ci n'avï^ît-il pas voulu limiter les prétentions de la raison humaine? iNavait-il pas

I. RoTw, n. »C Lmrt du 16 iiiUméh 180»^ 1 &W, ID, 345. 355. ^ ^^ ^

cru lui interdire à jamais les aventures et les erreurs du dogmatisme métaphysique ?

Kant avait résolument fait à la croyance sa part. Si les objets métaphysiques, dans sa doctrine, étaient indémontrahies pour la raison théorique, cela permettait du moins de les concevoir tels que le cœur et la conscience les réclament. Rien n'empêchait de croire à un Dieu hon, à une Providence qui règle Tordre du monde, et vers qui peuvent monter les adorations et les prières. Le kantisme, par ce côté, se conciliait avec les convictions de Jacobi, qui sont pour lui la mesure de toute vérité. Mais déjà Fichte, plus confiant en la raison pure, et plus dogmatique, s'élève à la science absolue, et définit Dieu « l'ordre moral de l'univers ». N'allait-il pas jusqu'à dire que la personnalité et la conscience de soi sont incompatibles avec lïdée de Dieu? Et voici que la « seconde fille » de la philosophie critique , la doctrine de Schelling, supprime môme la prééminence reconnue par Fichte à Tordre moral. Elle divinise simplement la nature.

Ici la critique de Jacobi devient tout à fait malheureuse. Il n'a pas compris Schelling, et Ton se demande s'il Ta bien lu. Il maintient avec opiniâtreté, mais sans preuves, que le système de « l'identité absolue » est simplement un « spinozisme retourné », et que son auteur est incapable de s'élever au-dessus du point de vue naturaliste. Il y trouve donc la forme la plus blâmable et la plus dangereuse de Tathéisme. Il lui oppose son propre dogme de la personnalité divine, sur un ton d'affirmation aigre, et d'irritation impatiente, — on est tenté de dire, sénile, si Ton réfléchit à l'âge que Jacobi avait atteint. Il croit accabler Schelling , et tous ses arguments portent à côté. La philosophie qu'il réfiilo, Schelling ne Ta jamais enseignée, et celle que Schelling enseigne, Jacobi ne parait même pas l'apercevoir.

Schelling profita de l'occasion qui lui était oiïerte. Il habitait Munich, comme Jacobi : il faisait partie de l'Académie dont Jacobi avait été président. Les rapports entre les deux

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