ZiippRiTz, I
LA PHILOSOPHIE DE JACOBl
nomie devient grimace, et la grimace, physionomie. A ce jeulà le meilleur naturel finit infailliblement par se gâter. Un des romantiques (Werner) croit que c est l'élément mystique qui m'est étranger et antipathique. Au contraire, lui ai-je dit; mais j'aime trop ce qu'il y a de haut et de vrai dans le mystère pour souffrir qu'on s'en fasse un jouet, et qu'on le tourne en masquerade (sic) K » En un mot, Jacobi veut bien être mystique, mais il n'aime pas à être mystifié. Il n'a aucun goût pour une esthétique littéraire qui ne tolère plus que le symbolisme, et qui vit dans le fantastique et l'irréel. Il n'est pas plus satisfait des dithyrambes enthousiastes que l'art et la société du moyen-âge inspirent aux romantiques. Leur piété rétrospective pour cette époque « barbare » lui paraît une affectation de paradoxe. Bref, ils trouvent moyen, en disant tout autre chose que les « philosophes » du dix-huitième siècle, d'être aussi loin qu'eux de la nature et de la vérité.
Jacobi a-t-il du moins fait une exception en faveur de Fécrivain romantique qui a le plus évidemment subi son influence, et dont l'œuvre était de nature à le séduire davantage? A-t-il applaudi à la brillante entrée en scène de Schleiermacher, débutant en 1800 par ses Discours sur la Religion? Schleiermacher en aurait été fort heureux. Brinkmann, leur ami commun, s'était chargé de porter l'ouvrage à Jacobi, et de lui dire que le jeune auteur attachait le plus grand prix à son suffrage». C'était la vérité. « Parmi nos philosophes de renom, écrivait alors Schleiermacher, Jacobi est le seul de qui je désire cela. Reinhold m'est indifférent. Fichte est un grand philosophe, mais Fadmiralioii pour le talent n'entraîne pas toujours la sympathie \ » Jacobi, au contraire, était persoîia grata pour Schleiermacher. Ce nom était associé à ses plus anciens souvenirs d'enfance ; tes œuvres de Jacobi avaient été une de ses premières lec-
1. Briefwechsel zicischen Gœthe und JacoU, p. 243. Lettre du 19 févrhr f808.