Hegel's, Werke, I. Glauben tmd Wissen (1802), p
i" Vf
Fivresse métaphysique. Fort de son sçntiment religieux, il a cru pouvoir s'élever à une conception des rapports de l'absolu» de l'univers et de l'àme humaine. Vaine tentative, dont le résultat ne pouvait être qu'une accession plus ou moins déguisée à la métaphysique par excellence, au panthéisme fataliste et athée, en un mot, au spinozisme. Jacobi admire Spinoza, mais il s'en éloigne. Schleiermacher admire Spinoza, et se livre à lui. Il y perd, dirait Jacobi, et son Dieu, et lui-même.
Jacobi ne prit même pas la peine de protester contre le rapprochement que Hegel indiquait entre sa doctrine et celle de Schleiermacher : pourtant il avait dû en être vivement choqué : « Qu'il n'en dise rien, écrit Schleiermacher, cela me paraît le signe d'un très profond mépris pour mes Discours. J'en suis peiné, car je l'aime beaucoup*. » Jacobi, dira-t-il plus tard, a été presque le seul exemple dans sa vie d'une affection qui n'ait pas trouvé de réponse. Avec le temps, sans changer de sentiment à l'égard de Jacobi, il comprit que ses Discours avaient été à la fois trop spinozistes et trop romantiques pour lui plaire. Dans une lettre importante du 30 mars 1818, il explique au vieux philosophe en quoi il est d'accord avec lui, et où il s'en sépare. Il rend hommage à l'esprit qui anime la doctrine de Jacobi. Il trouve bon que le sentiment y joue un rôle capital. Mais l'entendement n'est-il pas trop vite et trop radicalement sacrifié? « Païen par l'entendement, chrétien par le cœur » : formule profonde, mais non définitive» ; opposition réelle, mais que Schleiermacher veut résoudre par une conciliation plus haute. Il ne s'arrête pas au dualisme qui est demeuré pour Jacobi le dernier mot de la sagesse humaine. « Chez moi aussi, l'entendement et le sentiment sont à la fois juxtaposés et distincts; mais le contact s'établit entre eux, comme entre les pôles d'une pile galvanique. La vie la plus