‹ La philosophie de Jacobi [microform]Chapitre 26 sur 138 · SW, n · texte numérisé non relu

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la raison, mais ce n'est pas à la raison que Dieu se fail connaître. Elle atteste la présence de l'absolu en nous : elle serait impuissante à nous en donner l'idée, si le sentiment ne nous en venait d'ailleurs.

Jacobi assurera plus tard qu'il n'a jamais été sensualiste, et qu'il s'est toujours tenu plus près de Leibniz que de Locke*. Il avoue cependant qu'on pouvait s'y tromper. N'at-il pas écrit à Hamann que, comme lui, il n'admet absolument rien a priori, et que le sens est le principe de toute intelligence « ? Mais par « sens » il faut entendre ici « sentiment », c'est-à-dire l'impression produite sur l'âme par le contact du réel, soit quand nous percevons des objets extérieurs, soit quand l'absolu se révèle à nous. Jacobi n'institue pas, comme Locke, comme Hume, ni surtout comme Kant, une enquête scientifique sur le contenu, sur la valeur ou sur la portée de nos facultés. Il veut, avant tout, convaincre de présomption et d'erreur la philosophie de la « saine raison ». Il s'attaque donc à cette raison tant vantée, qui esl l'idole du siècle. Il se plaît à montrer que cette raison soidisant souveraine est une larullé secondaire, une sorte d'entendement à la seconde puissance, sans originalité, sans données propres, capable seulement d'élaborer ce qui lui esl fourni. Elle doit donc, sous peine de tomber dans les pires erreurs, rester modestement dans son rôle subordonné. La source de la connaissance est ailleurs : elle est dans le sentiment, elle est dans la conviction que produit en nous l'intuition immédiate du réel. Bref, Jacobi ne veut laisser à la raison qu'une fonction logique et régulatrice. Il insiste alors d'autant plus sur le rôle du sentiment et de la croyance. « Il faut un savoir de première main (sans preuves), poui* légitimer le savoir de seconde main (celui qui prouve) 3. „ L'orgueilleuse raison, qui prétend juger sans appel, dépend pourtant de la croyance, qui lui donne ses principes. De

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