Voyez ch. vi, p. 163, sqq
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Toutefois, Cromwell ayant été assez fort pour détrôner Charles ^^ le droit passe de son côté. L'exécution du roi par les ordres de Groniwell devient aussi légitime que l'eût été celle de Cromwell par les ordres de Charles I«% si les armées de ce prince avaient été victorieuses.
Cette théorie du droit conduisait logiquement Wieland à une théorie de l'État que Jacobi ne juge pas moins « révoltante » '. Wieland soutient que les peuples sont de grands enfants, destinés à ne jamais sortir de l'état de minorité. L'obéissance à un maître est la condition qui leur convient le mieux, et la seule qui leur assure la paix. Ils n'en peuvent même supporter d'autre. Il n'y a donc pas d'idée plus sotte ni plus dangereuse ([ue d'imaginer les peuples se gouvernant eux-mêmes. A quoi Jacobi répond en se fondant à la fois sur l'histoire et sur le principe de la dignité humaine. L'histoire montre qu'un peuple libre, comme les républiques de l'antiquité, comme l'Angleterre du xviii« siècle, peut atteindre un degré de prospérité matérielle et morale que ne dépassent pas les nations soumises à un gouvernement despotique. D'autre part, la théorie de Wieland représente les peuples comme une sorte de bétail incapable de se conduire, et qui subit stupidement la loi du plus fort. Mais l'autorité du gouvernement, dit Jacobi, n'est légitime que parce qu'elle est acceptée. Elle ne se maintiendrait pas, et elle n'aurait en effet aucun droit à se maintenir, si elle était contraire à la volonté formelle et précise de tout le peu[)le. Son origine n'a rien de mystérieux : elle repose sur un contrat primitif entre celui qui commande et ceux qui obéissent ^ Entln elle n'est jamais absolue au point de laisser les sujets sans défense et sans garantie contre les caprices d'un maître irresi>onsable. Il y a un minimum de droits politiques qui sont imprescriptibles. Propriété inviolable de sa personne, libre jouissance de ce qu'il possède,