‹ La philosophie de Jacobi [microform]Chapitre 71 sur 138 · Voyei supra, ch. v, p · texte numérisé non relu

Voyei supra, ch. v, p

Failes-leur seulement comprendre que le respect morne de leurs droits implique de leur part Fobéissancc aux lois «.

Si donc Jacobi, un des premiers en Allemagne, a jugé que la Révolution française s'égarait, ce n'est pas qu'il approuvât la politique de la cour, ni le langage des émigrés. Ceux-ci, qu'il voyait arriver un peu partout sur les bords du Rhin, et à Dllsseldorf môme, lui paraissent étiangoment méprisables^ Que les institutions caduques disparaissent ou se transforment, Jacobi le trouve inévitable et légitime. Les privilèges qui ne sont plus justifiés par des services spéciaux tendent deux-mômes à s'abolir. Jacobi n'est donc pas un ennemi systématique de la Révolution 3. Au contraire, les doléances et les vœux exprimés dans les cahiers du Tiers-État lui semblent justes, et la faute capitale du roi est de ne pas les comprendre. Mais, d'autre part, la méthode suivie par les chefs de la Révolulion lui paraît chimérique, et bien dangereuse. Ils sont atteints, eux aussi, du mal que Jacobi a signalé et combattu chez les philosophes du siècle. Ils ont le culte des généralités abstraites, et ils perdent de vue le réel; ils se lient à la raison raisonnante, et ils négligent Texpérience. Oi cela est grave déjà chez des philosophes, mais combien plus chez dos législateurs! Ils s'embarqueront intrépidement pour l'impossible. Jacobi s'en explique dans une longue lettre (en français) adressée à Laharpe, et datée du o mai 1790. Trouver « une manière fixe d'ôtro gouverné par la seule raison », selon le mot de Mirabeau : tel est l'objet qu'on se propose. On aura plus tôt découvert le mouvement perpétuel ou la quadrature du cercle. Autant dire qu'on ne tiendra aucun compte de l'hisloire, des mœurs, de la religion, du carac-

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