STRUCTURE INTKIINK DE LA SCIENCE NOUVELLE
déterminations concernant le cours ou développement
■ssaire de l'Ame ou de l'esprit humain. De la seconde, c'est-à-dire de l'histoire, relèvent: une esquisse d'une histoire universelle des races primitives après le déluge et de l'origine des diverses civilisations ; les caractéristiques de l'antique société barbare ou héroïque, en Grèce et spécialement à Rome, en ce qui touche la religion, les mœurs, le droit, le langage, la constitution politique ; l'étude de la poésie primitive, principalement en déterminant la genèse et le caractère des poèmes homériques ; l'histoire des luttes sociales entre le patriciat et la plèbe et de l'origine de la démocratie, étudiée elle aussi principalement à Rome; les caractères de la seconde barbarie, c'est-à-dire du moyen âge, étudié lui
flans tous les aspects de la vie et comparé avec les sols barbares primitives. Enfin, à la science empirique se rattachent la tentative d'établir un « cours » uniforme dans toutes les nations, en ce qui concerne la succession tant des formes politiques que des autres manifestations corréla-
apparues dans !a théorie et dans la pratique de la vie, et les types si nombreux que Vico trace du patriciat, de la plèbe, de la féodalité, de la famille paternelle, du droit symbolique, du Langage Métaphorique', de l'écriture hiéroglyphique, etc.
Or, si ces trois ordres de recherches et de doctrines
nt été logiquement distincts dans l'esprit de Vico et s'ils n'avaient été que littérairement mêlés et comprimés dans un seul ouvrage, celui-ci aurait, certes, pu manquer d'ordre, de proportion et d'harmonie, et. par là, il aurait été Mfrn lu à lire pour quiconque l'aurait abordé ; mais, du moins, il n'aurait pas été (diseur. Du reste, on ne peut dire en fait que la Science nouvelle, du moins la aecond voir l'exposé délinilif que Vico donne de sa pensée, manque d'un plan général; celui-ci est même assez bien conçu L'œuvre se divise en cinq livres : le premier devrait grou-
per les principes généraux, c'est-à-dire la philosophie ; le deuxième devrait, après de brèves indications sur l'histoire universelle de l'antiquité, esquisser la \\e des sociétés barbares; le troisième devrait former l'appendice du précédent, et traiter de la découverte du véritable Homère, c'est-à-dire du plus remarquable exemple de poésie barbare ; le quatrième, exposer la science empirique du « cours » des nations ; le cinquième, expliquer par l'exemple du cas particulier du moyen ôge le a recours » (l)des nations. Et cependant, malgré celte belle architecture, la seconde Sciefice nouvelle, la plus riche et la plus complète des œuvres de Vico, en est aussi la plus obscure. Si, d'autre part, Vico, tout en avant des idées bien claires dans son esprit, avait adopté une terminologie inaccoutumée ou une forme d'exposition trop resserrée, trop pleine d'allusions et de suppositions non exprimées, il eût été sans doute un écrivain difficile, mais, même dans celte hypothèse, il n'aurait pas été obscur. Cette hypothèse ne répond pas non plus à la réalité, puisque Vico est très modéré dans l'emploi de termes scolasliques et a une prédilection pour les expressions vives et populaires; il n'est pas bref, il se plaît même à répéter ses idées en s'y arrêtant à plusieurs reprises et avec beaucoup d'insistance, et il met sur table toutes ses cartes, c'est-à-dire lous les matériaux qui lui ont suggéré ses doctrines. Enfin, on n'a pas dit grand'chose quand on a dit que Vico n'avait pas pleine conscience de ses découvertes, car cette conscience fait plus ou moins défaut à tous les penseurs et aucun ne peut l'avoir pleinement. L'obscurité, la véritable obscurité, celle qu'on constate chez Vico, n'est point superficielle et ne naît pas de causes ou trop génériques ou secondaires, mais consiste vraiment dans une obscurité d'idées, dans l'insuffisante compréhension de cer-
(1) Sur le sens de ce terme, voir le chap. m (.V. des Trad).