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se donnera comme tâche de déterminer les conditions normales de l'évolution progressive de l'humanité. Elle conclura à l’action individuelle, à la lutte sans trêve pour le progrès, pour l'avenir meilleur.
Mais la philosophie de l'histoire peut aussi avoir un caractère critique et aboutir au‘ scepticisme. Elle peut proclamer le problème historique-trop complexe pour permettre de conclure à une tendance homogène. Ce serait, pour l'individu, l'indécision à l'état chronique, le renoncement à la science àla lumière: Ce serait encore pire que le pessimisme qui proclame le triomphe définitif du mal, mais qui conclut tout de même, et nous débarrasse ainsi de l’insupportable doute éternel.
Le pessimisme historique (1) peut être définitif et absolu en s'appliquant à la totalité des phénomènes. Il est partiel lorsqu'il ne s'étend qu'à des phénomènes historiques déterminés, à des périodes limitées, à des peuples et des races définis. Il serait prématuré, dans l'état actuel de nos connaissances, de vouloir adopter sans restriction une de ces trois solutions possibles. Il y a pourtant un point où le doute est exclu. C'est le progrès intellectuel de l'humanité en tant qu’elle est présentée par une élite de peuples civilisés et d'individus aux tendances intellectuelles ét aux esprits cultivés.
(1) Le lecteur a pu s’aperñcevoir que notre point de départ est plutôt l’optimisme historique. L’optimisme est un postulat nécessaire à l’action. I1 reste pourtant à le prouver par l'étude rationnelle des faits historiques. Jusqu'ici l'optimisme historique a un caractère dogmatique. Nous avons une religion du progrès. La science du progtès est encore à faire.
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