‹ La philosophie de l'histoire comme science de l'évolutionChapitre 111 sur 167 · ESA AUS SORSA ESS LU · texte numérisé non relu

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esprits russes se détournaient de la philosophie parce qu ils l'identifiaient avec la métaphysique.

La philosophie, tout en favorisant le développement de l'esprit scientifique, en tant qu'elle détruisait le dogmatisme religieux et développait l’esprit critique, s’est trouvée impuissante à mener une existence indépendante de la science. On a fini par comprendre qu'il ne saurait y avoir de philosophie awdessus, à côté ou avant-la science. La philosophie doit devenir une science, doit se baser sur dés données scientifiques. Elle doit se créer après et à l’aide de la science. Dans le cas contraire elle n’a pas droit d’existente. Le merveilleux essor qu'ont pris les sciences exactes à la fin du dix-huitième et au commencement du dix-neuvième siècle , joint à la philosophie eritique de Kant, a abouti au positivisme d’Auguste Comte, qui a remplacé la philosophie des entités abstraites ou, pour employer un terme d'école, la philosophie ontologique, par une philosophie des sciences et pai la philosophie de l'histoire. Celle-ci, Comte l'appelle

la dynamique sociale. Il proclame la méthode scien-

tifique comme seule légitime. |

Pierre Lavroff fut le premier en Russie à comprendre le nouveau mouvement philosophique et à | donner son adhésion complète, Il considérait toujours l'esprit théologique ‘et l'esprit métaphysique comme une sorte de revenants qui n’ont plus droit à la vie, comme des survivances qui hantent notre société par leur influence éphémère, grâce à un ensemble de conditions fortuites et passagères.

Le seul objet légitime de la philosophie comme de toute autre science, c'est, pour Lavroff, des faits, rien

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