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réelle, sur les causes de souffrances sans nombre et de les faire participer à la vie historique. Il n y a pas demouvement historique tant que la civilisation coulumière n'est pas travaillée par la pensée critique : tant qu'aucune tentative de la transformer ne se produit dans le sens du progrès, lequel consiste, comme nous l'avons vu, dans le développement de la conscience individuelle et de la solidarité sociale. Tout ce qui favorise le développement de Ia pensée critique et scientifique, tout ce qui amène plus de solidarité humaine est progressif. Ce qui entrave cette marche de l'humanité vers la science et la solidarité est réac-
tionnaire
En analysant le processus historique et social à l'aide de sa méthode qu'il appelle « subjective », Pierre Lavroff a fait une classification vraiment remarquable des divers éléments qui constituent l'histoire. Dans chaque période historique, il y a trois catégories de faits à distinguer. Ce sont d'abord les « survivances du passé », les revenants d'un autre âge qui hantent le dont. le mort qui saisit le vif. Parmi les survivances de notre époque, il place en première ligne le mysticisme religieux et l'esprit métaphysique, les tendances purement politiques et libérales accompagnées de l'indifférence pour le mouvement social
‘actuel, la doctrine de l'art pour l’art et de la sépara-
tion de la science et de la vie. Viennent ensuite comme second élément du processus historique, les « problèmes caractéristiques de l'époque », ce qui
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constitue sa physionomie particulière, Il est presque inutile d'ajouter que pour Pierre Lavroff «le problème caractéristique » de notre temps, qu'il appelle souvent la période de civilisation « laïque », estle mouvement socialiste. À ces deux éléments de chaque période historique — les survivances du passé et les problèmes caractéristiques du présent, —- il en ajouteun troisième : «les germes de l'avenir ». Ce sont des éléments destinés à entrer comme parties intégrantes dans {a phase historique qui se prépare par l'élément actif et historique du présent. :
H ne suffit pourtant pas de désigner ces trois éléments de l'histoire. Il faut les étudier dans leurs relations réciproques, dans leur action continuelle l’une
| sur l’autre. C'est la tâche qu'il s’est posée particuliè-
É rement dans son œuvre : L'Histoire de la Pensée dont
| le titre nous paraît un peu trop général et par consé-
quent trop vague. Il est impossible d'analyser ici cet
ouvrage remarquable qui témoigne chez l’auteur
d'une érudition universelle et d'une vigueur de pensée
| hors ligne. Cette œuvre, restée malheureusement
| | inachevée, est consacrée spécialement à la période
anthropologique et antécritique de notre civilisation.
Elle comprend une foule d'apercus ingénieux 8e rapportant aux problèmes de notre temps.
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