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L’ancienne et la nouvelle société, toujours selon Owen, forment deux systèmes parfaitement distincts. « Il n’y aura jamais fusion entre eux, même dans la période où l’un absorbera l'autre. Le vieux système est fondé sur une erreur, et il ne pourrait se défendre qu à l'aide de subtilités et de mensonges. Le nouveau système est basé sur la vérité, et il n admettra aucune déception n1 dans la vie publique, ni dans la vie privée, pas plus entre individus qu'entre peuples. » (Manifeste de Robert Owen.)
Cette conception considère évidemment la société comme un produit artificiel modifiable à volonté. Elle
est profondément anti-évolutionniste malgré son carac-
tère absoïument pacifique (« le nouveau système moral ne peut intervenir dans l’ancien et immoral système que pour amener son entière el pacifique destruction », dit Robert Owen). Par la même raison, elle est antipolitique. En ne considérant le pouvoir politique que comme une émanation de l'erreur et de l'injustice humaine, elle méconnaitsa fonction sociale. En s’adressant aux pouvoirs publics et en leur proposant ses projets de régénération sociale, les utopistes tombent en plein dans l'illogisme pour ne pas dire dans l'incohérence. |
Pourtant cette indifférence en matière politique des
siasme » (p. 36). Les expressions système nouveau, vue nouvelle, monde nouveau (c’est le titre d’un livre de R. Owen)
abondent dans les écrits des « utopistes ». Le socialisme
scientifique de Karl Marx ne prétend, au contraire, qu’à aider, dans la mesure des forces humaines, l’évolution réelle. Le socialisme scientifique n'invente pas. Il constate ce qui est.
socialistes de la période utopique suppose, commeune chose qui va de soi, l'égalité politique de tous Îles membres de la société communiste. Ainsi un contemporain de Robert Owen, Spence, instituteur de Newcastle, qui a poussé son amour du nouveau jusqu à baptiser la nouvelle société de son nom en l'appelant Spensonia, écrit en 1785 : « Spensonia est une République une el indivisible. Le peuple s’y compose de l’'universalité des citoyens. La propriété foncière y est inconnue; toutes les terres appartiennent à l'Etat. Le pouvoir législatif est exercé par un Parlement annuel, élu par le suffrage universel. Les femmes jouissent des droits électoraux au même titre que les bommes. La République n’a point d'armée permanente. Si la guerre éclate, tout citoyen en est soldat. »
Un autre remarquable penseur socialiste de la même période, William Godwin, que Malthus combat dans son célèbre traité sur la population et qui mérite d'être mieux connu qu'il ne l’est actuellement, écrit vers la même époque dans sa Justice politique : « Tout gouvernement est un mal nécessaire: mais espérons qu'un jour ti n'en existera plus.
« Tous les maux viennent des mauvaises institutions. Ge n’est pas la loi de la nature, ce n’est que la loi d'un état social très factice qui entasse sur une poignée d'individus une si énorme surabondance... . que d’autres manquent de tout. , L'humanité s'est trompée, il faut qu'elle change de route : ce n'est que par la communauté des biens et l'entière liberté morale de l'être individuel qu’elle peut être sauvée dans la justice. »
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