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COMME SCIENCE DE L'ÉVOLUTION 9 sique du mot avec le pouvoir matériel. En déclarant la domination de l’homme sur les forces productives équivalente à le liberté, cette conception ie ore volonlairement le one du déterminisme. Elle ne le
4 résout pas. Libre de soucis matériels, l'homme de la { société socialiste n’en reste pas moins en face de dif-
8 . ie tiraillent dans des directions différentes. La société socialiste; en mettant un terme l'exploitation de l’homme par l’homme, ne le délivre : Heureusement ! — de toutes ses passions,
de toute la complexité dé ses désirs qui fait la force et la richesse de la nature humaine dé veloppée. Or, les désirs et les passions ne concordent pas toujours À enire eux. La iutte. des classes n’est pas la seule et 3 uDique forme & opposition humaine. Il y aura toua jours lutte dans l’homme lui-même, si même le lutte | entre les hommes doit prendre fin. Là où ily a Cppo- : Sition de es motifs, il ya choix. Et qui dit choix. di
ne disparaît donc pas avec la société capitaliste. Les 1 AU À ; Ê AE Qurit KLatrx FT k ŒY s 1 LC œ Va bp LOLLOLE D | tontsti: G TAN y 3 ‘Aa Are nan ne col 1f5 4 F19tentatives rar xistes Ge Gonner une solution « Socia
| liste » aux problèmes purement phi ilosophiques nous pérais sent Un peu naïves et très peu scientifiques. Marx, malgré son génie, n'a pu résoudre à l'aide | de Sa conception économique le problème de la
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| Cette tentative paraît même incompréhensible. Elle en pire une autre d’Engels ayant pour but de . démontrer par la production là réalité du monde | sensible. Elle s’ explique pourtant par l'influence de | Hegel qui, selon Engels, était «le premier qui a donné : une juste ns o la relation entre la nécessité et la
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liberté » (1). Hegel notamment déclara que la nécessité n est aveugle que « lorsqu'elle est incomprise ». Est libre qui comprend. Le lecteur nous saura gré si nous nous abstenons de donner ici les raisons métaphysiques de Hegel pour cette conclusion inattendue.
Mais ce qui acquiert un sens profond et transcen-
dantal, comme une conclusion logique de tout un système métaphysique, se trouve dénué de tout sens dans une théorie matérialiste comme le marxisme, L'identité du pouvoir matériel ou du savoir et de la liberté, en quittant les sommets de la sublime. métaphysique pour la terre plate du bon sens, devient du coup un simple quiproquo logique. Le pouvoir ou le savoir ne sont pas identiques avec la liberté dans le sens philosophique du mot (2).
La tentative de résoudre le problème du libre arbitre faite pas Pierre Lavroff a un caractère plus philosophique que celle de Marx et d’'Engels. Pierre Lavroff reconnait que le déterminisme règne en maître dans ce monde. La loi de la causalité ne connaît pas d'exception. Mais cette loi a pour conséquence notre conscience intime de notre liberté, de notre responsabilité. Et ce fait de conscience nous oblige à tenir compte de la liberté. Nous sommes libres en tant que nousnouscroyonsiibres. La liberté n’est qu'apparence.
() L’Anti-Duhring, éd. allem., p. 114, 1894.
(2) Nous retrouvons cette confusion quelque peu aggravée chez Eugène Fournière (voir son livre : Essais sur l’indivi-
dualfsme, Alcan, 1901.)
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Soit. Mais la division du temps en jour et nuit se fonde
également sur une apparence, cependant obligatoire
pour nous. Le raisonnement parait d'une logique par-
faite et nullement banale. La nécessité se trouve con-
ciée avec la Hberté. L'une ét l'autre sont légitimes,
chacune sur son domaine propre. La nature est le
règne de {a nécessité pure et simple. L'histoire, par
contre, est celui de la liberté toute subjective. L'homme
juge les événements historiques au point de vue de
son idéal moral. Il se considère comme responsable
| du mal existant. S'il a atteint par son instruction un
| haut degré de civilisation, il doit également se consi-
dérer comme un débiteur du peuple, qui par son dur
labeur et par ses souffrances sans nombre l'y a élevé.
Il doit payer sa dette par une action sociale progres-
sive, par une lutte sans trêve pour l'émancipation du
peuple, souffre-douleur de cette civilisation dont les jouissances lui sont interdites (4).
Il y a du vrai et une réelle originalité dans la pen-
+ sée de Lavroff. Néanmoins je ne crois pas possible
| d accepter sa facon de voir. Le fait fondamental sur
lequel il base toute sa théorie ne me paraît nullement
établi. Il n'est pas démontré que le sentiment sub-
jectif de notre liberté soit un fait de conscience aussi
universel et nécessaire que le croit notre penseur. Il
est facile de s'imaginer un homme ou des hommes
| ayant des convictions déterministes passées à l’état
| de conscience individuelle et excluant toute idée de
en Ces £.
D nn or de SOS .
(1) Ici, comme dans ma Philosophie sociale de Pierre Lavrofÿ,
j'expose presque littéralement la pensée de notre regretté
| penseur russe, tout en évitant des citations pédantes et À ennuyeuses,
ST RER DO BAPE CNE SNS ad A AE
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