‹ La philosophie de l'histoire comme science de l'évolutionChapitre 50 sur 167 · CR D PE CE EE · texte numérisé non relu

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Auguste de Cieskowsky, un hégélien assez connu en Allemagne, définit l'histoire comme « un processus d'évolution de l'esprit de l'humanité dans le sentiment, dans la conscience, dans le beau, dans le vrai et dans le bien ». Nous avons à étudier ce processus dans sa nécessité, dans sa liberté et dans ce qu’il contient de hasard. Il croit, avec sa belle confiance en soi qui distingue tous les hégéliens que dans cttte conception « l'humanité a enfin trouvé la conscience d'elle-même, la manifestation de la raison objective dans l'histoire universelle ». Auguste de Cieskowsky se défend de voir dans la thèse fondamentale de la conception méthaphysique de fjhistoire autre chose qu'une méthode de recherche historique. Il dit textuellement : « Nous demandons qu’on cherche systématiquement l'Idée dans l'histoire universelle, tandis que chez Hegel elle se trouve déjà découverte par la méthode Spéculative. » Il est pourtant évident que le métaphysicien est, a priori et avant toute recherche, convaincu que tout fait historique incarne l'Idée. Et il est tout disposé à dire, comme Mering déjà cité et comme Hegel lui-même, en cas de conflit entre son Idée et le fait : Tant pis pour le fait! Cette prétendue méthode constitue par elle-même une loi qui embrasse toute l'histoire, établit d’une facon générale une relation entre les faits, et détermine le caractère même du phénomène historique. Elle le représente comme le reflet d'une Idée.

L'hégélien Novalis résume en deux mots la concep-

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tion métaphysique en disant: « La nature est l’Index de l'Esprit. » |

La conception métaphysique, et cela doit être mis à son actif, continuait la tradition de la conception philosophique de l'histoire. De la conception théologique elle a hérité de l’idée d’unité et de progrès tout en leur donnant une base nouvelle. En rattachant leurs conceptions historiques aux systèmes de métaphysique devenus célèbres, les métaphysiciens provoquent de nouveau l'intérêt, parfois l'enthousiasme pour la philosophie de l'histoire. Elle a pourtant le même mépris du fait que la conception théologique. Le fait s’efface, comme honteux, devant la majesté de l’Idée. On sait comment Hegel traitait l’ordre chronologique de l'histoire de [a philosophie en la construisant souvent a priori pour justifier son système. La critique analytique, minutieuse et consciencieuse des faits apparait aux yeux du métaphysicien comme une chose trop prosaïque. Il s’enivre de la poésie de la synthèse qui plane majestueusement au-dessus de la réalité. I prend son élan, son enthousiasme. pour celui des choses, Il construit l’histoire à son image. Il la crée. on peut le dire sans vouloir faire un jeu de mots, à son Idée.

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