‹ La philosophie de l'histoire comme science de l'évolutionChapitre 54 sur 167 · LES · texte numérisé non relu

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Ainsi comprise, la philos ophie de l'histoire acquiert une importance particulière. Elle devient indispensable pour tout homme d'action, pour tout parti politique. Une connaissance, même approximative, de la nature des changements histori se de là direction générale de l’époque peut et doit leur servir d'orientation. Quelques exemples pris au hasard dans lhistoire contemporaine suffiraient à le démontrer. Le

comte Metternich, le chef dela réaction politique du milieu de notre siècle que beaucoup d'historiens con-

sidèrent comme un homme d’ État de œénie, était en tout }

ças un philosophe médiocre, 'ayant très peu com-

| di Selhitéhes et libérales de son emps. Il les considérait comme des produits fortuits, comme le résultat d'une agitation éphémère c. dd par quelques révolutionnairés niais, quon pouvait éliminer fa ER it à l'aide de ane es épérations de police. Les événements se sont chargés de lui donner une de philosophie de l'histoire — trop tard pour lui cependant.

Un autre homme d'Etat de notre Lemps, trop connu, croyait également avoir raison d'un grand mouvement historique — je parle du mouvement socialiste en Allemagne — à force de lois d'exception dirigées principalement contre les soi-disant meneurs de ce mouvement. Il succomba à la tâche. On pourrait multiplier les exemples à l'infini. L'ignorance de la nature et des conditions des changements historiques aboutit à des fautes sans nombre, souvent à des catasirophes.

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Aussi les soctalistes qui se trouvent actuellement à la tête d’une grande révolut 10n qui se fait et se prépare ont, depuis Saint-Simon, compris la nécessité de justifier leur idéal par le caractère général du mouvement historique. Le socialisme scientifi ique se base sur une philosophie de l'histoire, et il ne deviendra vraiment scientifique que lorsqu'il saura se justifier non seulem ent Fes l'évolution économique, mais aussi par l’évolution intellectuelle, morale, politique, juridique, en un mot par l’évolutio o intégrale de l’humanité.

Les partis politiques deviennent progressistes ou réactionnaires selon qu'ils agissent dans le sens direct Ou opposé au mouvement es orique général. Au surplus, mieux ils nee l'histoire de leur temps et temps passés, plus ils ont de chances de suc-

. Le degré de leur prévoyance 2 \d d L. Savoir. L'ignorance manifeste d'une trop gr: partie de la presse, qui prétend aujourd’hui diriger les destinées des peuples, devient nn véritable danger social. Ce danger est d'autant plus grand’ que celte ignorance se complique d’un man que complet de sens moraÏ, d'une dépendance croissante du capital (4). La philosophie historique ne sert donc pas seulement à salisfaire notre « besoin des causes », notre soif de comprendre. Elle sert aussi nos intérêts les plus immédiats.

La philosophie de -l'histoire est également de nature à, rendre service à l'histoire proprement dite, comme un des moyens de ja critique historique.

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(1) Voir sur ce point La France au point de vue moral, d'Alfred Fouillée.

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« L'historien, écrit Taine. est donc philosophe, il ne rassemble des faits que pour trouver des lois. Peu lui importe désormais de voir passer devant lui l'arnée des événements dispersés comme ils le sont en différents lieux, en différents temps. Ce-vain plaisif de curiosité se tourne pour lui en malaise, il essaie à chaque instant de les arrêter au passage, portant les mains en tous sens pour saisir les chaînes invisibles qui les lient, afin de voir partout la nécessité maîtresse de la fortune. C’est un bonheur etun besoin de trouver ce plan caché, non seulement parce que l’ordre est beau, mais parce qu'un fait dont on ne voit pas la cause reste incertain, flottant dans l'air, sur Je point d’être emporté par la moindre difficulté qui

surviendra. Les causes trouvées sont des preuves

ajoutées et une explication vaüt un témoignage; faut que le corps entier de l’histoire revendique le fait et l’attache par une nécessité certaine pour qu'il soit acquis à la vérité. » (Essai sur Tite-Live). Les historiens spécialistes auraiént donc tort de dédaigner la philosophie de l’histoire qui peut leur être d'une très grande utilité.

Quel est le véritable fondateur ou initiateur de a philosophie de l’histoire dans sa forme scientifique ? On a mis en avant, pour ce titré d'honneur, les noms

de Herder, de Voltaire, d'Aug. Comte, de Buckle, de

Marx, — surtout de Vico, l’auteur de la Science nouvelle. On peut également trouver des éléments épars "pour la construction scientifique de la philosophie de

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