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Pourtant le point de vue d'Ibn Kbaldun n est pas exclusivement économique. À côté de la production, il relève l'importance d’un autre besoin capital, celui de la sûreté. Il dit : « Il en est de même pour la défense de la vie : chaque homme a besoin d’être soutenu par des individus-de son espèce. » Dans un autre passage : « Les hommes ne sauraient non plus se défendre s'ils étaient dépourvus des armes ; ils deviendraient la proie des bêtes féroces ; une mort prématurée mettrait un terme à leur existence, et l'espèce humaine serait anéantie. » (/b., p. 88.)
On peut donc considérer le philosophe arabe d'il y a cinq cents ans, Ibn Khaldun, comme un des précurseurs de Karl Marx. Qu'on lise et qu'on médite les passages suivants d'Ibn Khaldun : « Dieu a donné à l'homme l'intelligence ef la main. La main soumise à l'intelligence, est {oujours prête à travailler aux arts, el les arts fournissent à l'homme des instruments qui remplacent, pour lui, les membres départs aux autres animaux pour leur défense (4). Ainsi les lances suppléent aux cornes, destinées à frapper ; les épées remplacent les griftes qui servent à faire des blessures: les boucliers tiennent lieu de peaux dures et épaisses, sans parler d’autres objets... » (Zb., p. 87.) L'homme isolé n'a « pas assez de moyens pour fabri-
- quer les diverses armes offensives, tant elles sont
nombreuses, et fant il faut d'art et d'ustensiles pour les confectionner. Dans toutes ces circonstances, l'homme doit recourir à l’aide de ses semblables, et
(1) Nous avons ici jusqu'à l’expression de Marx désignant les instruments du travail comme autant de membres artificiels de l’homme.
non
“tant que leur concours lui manque, il ne saurait se
procurer la nourriture, ni soutenir sa vie... Les hommes sont donc obligés de vivre en société; sans elle, ils ne pourraient pas assurer leur existence... Voilà ce qui constitue la civilisation, objet de la science qui nous occupe ». (/b., p. 88.)
Entre les attributs qui sont « propres à l'homme » [bn Khaldun nomme : « la sociabilité ». Les hommes « y sont conduits par leur penchant pour la société et par l'exigence de leurs besoins, car la nature les porte à s’entr'aider dans la recherche de la subsistance ». Un autre attribut de l'homme est «l’industrie et le travail qui fournissent les divers moyens de vivre » (Ib, p. 84.)
Ibn Khaldun tient compte, comme Karl Marx, de différents modes de se procurer les moyens d'existence. Le philosophe arabe distingue deux aspects de l'état social : la « vie nomade et la vie à demeure fixe. La première est celle qui a lieu dans les plaines, sur les montagnes, ainsi que sous les tentes des nomades, qui parcourent les pâturages situés dans les déserts ou sur les limites de la région sablonneuse. La seconde est celle qui se passe dans les cités, les villages, les villes et les hameaux ».
Ibn Khaldun divise son livre sur la philosophie de l'histoire en six sections que voici :
1° Sur la société en général, sur les variétés de la
race humaine et sur les pays qu'elles occupent.
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