‹ La philosophie de l'histoire comme science de l'évolutionChapitre 62 sur 167 · EX · texte numérisé non relu

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2° Sur la civilisation chez les nomades ; sur les tribus et les peuples à demi sauvages.

3° Sur le gouvernement dynastique, le khalifat, la royauté et les dignités qui existent nécessairement dans un empire ;

4° Sur les caractères de la civilisation qui résulte de

la vie à demeure fixe, sur {le rôle que jouent] Les villes el Les provinces ;

5° Sur les métiers, les divers moyens de se procurér la subsistance et de faire fortune.

6° Sur les sciences, les moyens de les acquérir et de s’instruire. (/b., p. 85.) |

Rien de plus curieux que l'explication qu’il donne de l'ordre dans lequel il traite les sujets indiqués. « Le rang que j'ai assigné, dit-il, aux moyens de se procurer la subsistance se comprend, lorsqu'on sait

qu'ils constituent un état de choses absolument néces-

saire et exigé par la nature, tandis que-l'étude des

sciences est le résultat de la civilisation perfectionnée

ou de celle qui a produit des besoins factices. Or, ce

qui est nécessaire par sa nature doit passer avant ce

qui est de luxe. J'ai rangé dans un même chapitre les métiers et les moyens pour l'homme de gagner sa vie, parce que les premiers ont certains rapports avec les seconds, surtout quand on les envisage tous comme produits de la civilisation. (/b., p. 85.)

Ibn Khaldun s'efforce à plusieurs reprises de montrer qüe « la différence des mœurs et des institutions dépend de la manière dont les hommes se procurent des moyens d’existence » (p. 234). Il s'applique à

expliquer les différences qui existent entre les habi-

tants des villes et ceux des campagnes. C’est dans les

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villes que naît la civilisation. Les besoins des habitants des campagnes sont limités au strict nécessaire; les habitants des villes cherchent à multiplier leurs

besoins, travaillent à perfectionner leur mode d’exis-

tence (p. 257). Les habitants des villes sont enclins au scepticisme, à l'indifférence en matière de religion; l'abondance de leur nourriture y contribue d'une facon appréciable (p. 188).

On sait que les disciples de Karl Marx considèrent l'organisation politique d’une nation comme forme de la substance sociale ou économique. Voilà comment Ibn Khaldun définit la relation eutre l'organisation

politique et les autres éléments de la société. « La

dynastie, dit-il, et l'empire servent de forme à la nation et à la civilisation : et tant ce qui se rattache à

J'Etat, comme les sujets, les villes, etc., leur sert de

matière » (p. 299). |

Ïl ne s'agit pas ici, comme le lecteur a pu le remarquer, d’une pensée isolée, d’un aphorisme jeté au hasard sur l'importance des moyens de subsistance:

‘C'est une nouvelle méthode d'étudier et d'écrire l'his-

toire qu'Ibn Khaldun nous propose dans son important traité des Prolégomènes (en arabe Mocaddemat). Il se représente clairement toute la portée de Îla

réforme proposée Aussi dit-il : «.. J'ai mis môn tra-

vail à la portée des érudits et des hommes du monde; pour son arrangement et sa distribution, j'ai suivi un plan. original, ayant imaginé une. méthode nouvelle d'écrire l'histoire, et choisi ane voie qui surprendra le lecteur, une marche et un système tout à fait à mot. En traitant de ce qui est relatif à la civilisation et à l'établissement des villes, j'ai développé fout ce

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qu'offre la société humaine en fait de circonstances caractéristiques (p. 10).

à Comme Aug. Comte, Ibn Khaldun croit que.la science : doit conduire à la prévoyance. « Le lecteur, ne se trouvant plus dans l'obligation de croire aveuglément aux récits qu'on lui a présentés, pourra matntenant bien connaître l’histoire des siècles et des peuples qui à l'ont précédé ; il sera même capable de prévoir les évedi : nements qui peuvent surgir dans l'avenir » (p. 10). La période scientifique. de la philosophie de lhis- A toire a donné lieu à de nombreuses théories. Toutes a pourtant dérivent de quelques principes fondamentaux. Malgré leur grand nombre, ces théories peuvent être classées d'une facon simple et rationnelle. Je le ferai dans l'étude qui suit

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