‹ La philosophie de l'histoire comme science de l'évolutionChapitre 72 sur 167 · FAO +4 VA ART 7 4 ’ LS ENT · texte numérisé non relu

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tion comprend plusieurs courants. Les sentiments, les idées, les besoins ont été déclarés tour à tour des facteurs décisifs.et seuls dominants de l’évolution historique.

L'explieation de l’histoire de l'humanité par la nature de l’homme se trouve, sous une forme souvent abstraite, chez un nombre considérable d'écrivains, anciens et modernes, depuis Thucydite jusqu'à nos: jours. Nous ne citons que ceux qui ont acquis par leurs travaux, une importance particulière.

Ferguson, dans la Philosophie de la Civilisahon, écrit : « La vie sociale est la COSCeREe naturelle de l'organisme humain. » Kant s'exprime avec plus de précision en déclarant que l'histoire est le développement de toutes les facultés humaines (4). Voltaire : « L'Europe ne serait aujourd’hui qu'un vaste cimetière, si la philosophie n’avait étouffé le fanatisme et l'enthousiasme. » Auguste Comte voit dans le développement de l'intelligence humaine le principal facteur de l’évolution et fait dépendre l'organisation sociale, en dernier lieu, des opinions (Cours, E, p. 1). Jouffroy, tout en reconnaissant que « l'humanité ne serait pas immobile s'il n’y avait pas de philosophes » et que « sans eux, les révolutions se feraient, mais se produiraient plus lentement », écrit pourtant : « Tous les changements qui op dans la condition de l’homme, toutes les transformations qu'elle a subies, dérivent de l'intelligence et en sont l'effet... En définitive, la passion n'’agit qu'à la surface de l'histoire

(1) Idee zu einer allgemeinen Geschichte in welthürgerlicher Absicht, 1789.

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166 LA PHILOSOPHIE DE L HISTOIRE des peuples, ie fond appartient aux idées. » Taiñe,

qui ne voit dans l'histoire qu'un problème psycholo-

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U toire. Il dit : « Je.ne crois pas qu'un historien puisse avoir une idée nette de lir nde SAONE de ét boudhistique, s’il n’a pas étudié aü préalable l'éxtase, la

GE lhallucination et Le folie raisonnante. »

Tarde déduit toute la sociologie d'une seule faculté humaine : celle de l'imitation. « L’être social, dit-il en tant qu'il est social, est imitateur par essence et limitation joue dans les sociétés un rôle änalogue à celui de l’hérédité dans organisiies ou de l'ondulation dans les corps ».. Selon ce sociologue « toutes les similitudes sont dues à des répétitions », et « chäque fois que produire ne signifie point reproduire, tout dévieñt ténèbre pour nous, sans ntille clarté » Indépendamment de la valeur intrinsèque d originales de Taine et de Tarde, on peut bi qu’elles prouvent, pour leur part, que là conception psychologique de l'histoire n’est pas nécessairement réduite à reproduire des généralités universellemént connues et banales sur la nature humaine, auxquelles

se bornent trop souvent les nombreux partisans de

cette conception.

Üñe nouvelle pério de s'ouvre ee conception psychologique avec Lazarus et Steinthal qui ont fondé, en 1851, la psychologie collective qui s'est répandue depuis un peu partout assez rapidèment. Dans ses

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Pensées sur la psychologie des peuples, Lazarus constate que les sciences naturelles présentent deux catégories de disciplines : les unes décrivent simplement les faits, tandis que les autres cherchent à les expliquér, à les soumettre aux lois. Il cite comme exemple, entre autres, la zoologie et la physiologie. Ii continue comme suit: « L'histoire de l'humanité correspond aux sciences descriptives. Ne demanderait-elle pas aussi une science analogue aux sciences naturelles

synthétiques? N’aurait-elle pas besoin d’une théorie M q

des lois auxquelles elle est soumise pour qu’elle puisse être synthétiquement présentée et concue ? Où donc trouver la physiologie de la vie historique de l’'humanité ? Nous répondons : dans la psychologie des peupiles. Gomme la biographie d’un individu repose sur la psychologie individuelle, l’histoire, c’est-à-dire la biographie de l'humanité, a pour base rationnelle la psychologie collective des peuples. Ainsi la psychologie Sera pour l’histoire ce que la physiologie a été pour la zoologie ».

La psychologie collective est loin d’avoir donné tout ce que son fondateur attendait d’elle. Néanmoins sa valeur explicative est incontestable. La con- Ceplion psychologique peut l’invoquer comme son appui le plus solide plein de promesses pour l’avenir, La philosophie de l’histoire se trouve par elle liée intimement aux plus intéressants problèmes de psychologie, et tout progrès de cette dernière doit avoir immédiatement une répercussion dans le domaine de celle-là. La psychologie des foules, celle des classes et des groupes, les hypothèses de suggestion et auto- Suggestion collective appliquées à certains cas de l’ac-

tion sociale sont autant de champs ouverts à la curiosité scientifique, autant de chances pour que quelques traits de-lumière soient projetés dau les ténèbres de notre destinée historique.

On peut considérer comme une variété de la eôn- | ception physiologique et psychologique la théorie qui voit dans la race ‘un facteur déterminant les fndividus d'un même peuple et partant son évolution histori- #1 que. « La lutte des races » du sociologue autrichien # | Gumploviez, livre inspiré très propablement par les luttes sans fin des nationalités composaut l’Empire des Habsbourg, n’a trouvé qu'un faible écho dans le monde scientifique. Des politiciens démagogues sans scrupules se sont emparés de cette théorie pour attiser des haines sauvages et satisfaire des ambitions inavouables. Il nous semble que ce fait, qui n’a rien de scientifique, a été une des causes de l'indifférence imméritée, affectée à l'égard de cette théorie qui, malgré les exagérations manifestes, est enr d'un meilleur sort.

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