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besoins, les sentiments, les intérêts, les idées paraissent fondamentales, décisives, inéluctables. Nulle action Sans motif. Le motif provoque et explique
l'acte. Or, une fois les motifs des hommes qui jouent
un rôle historique connus, les résultats qui S'ensui- .
vent se trouvent du coup expliqués et attachés à leurs causes véritables. C’est ainsi qu'au moins la chose se présente aux yeux des partisans de la conception physiologique ou psychologique. Nous allons examiner Si et jusqu’à. quel degré ces prétentions peuvent être justifiées.
Deux sortes d’objections peuvent être faites à la conception physiologique ou psychologique. Et cela de la part des Métaph ysiciens et des providentialistes : N1 les uns, ni les autres ne voient, soit dans les motifs humains, soit dans les besoins ou sentiments, soit dans les idées, les dernièrés causes du mouvement historique. C’est la Providence, selon les uns, c’est l’Idée, l’Absolu, selon les autres qui est la cause qui détermine en définitive la destinée historique de l’homme, L'homme n'est qu'un instrument docile de ces forces Supérieures, l'intermédiaire entre ces forces directrices et la réalité historique. La conception psychologique, en faisant de l'homme Je maître de l’histoire, se trouve ainsi en-désaccord complet avec les conceptions providentialiste et métaphysique.
On peut considérer. Mméthodologiquement, éomme
Mmétaphysiquelatendanceultra objectiviste qui parle du
‘processus historique » comme d’un être à part, individuel et concret, soit qu'elle le présente sous la forme de «la marche objective des choses » ou sous le nom de « processus objectif de l’histoire », soit
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qu’elle préconise « {a force objective de l'histoire ». L'individu joue le rôle d’un agent subalterne de ces forces supérieures, aussi mystérieuses que la Providence elle-même. On peut appeler cette tendance, aujourd’hui très répandue, l’anthropomorphisme Mstorique. Car elle personnalise en quelque sorte un ensemble de conditions très complexes et bien distinctes les unes des autres. L'histoire devient une sorte de Divinité toute-puissante, une Providence qui dirige nos destinées. On ne se demande plus quelles sont les forces concrètes, individuelles, vivantes qui composent ce complexus étrange qu'on appelle « processus objectif de l’histoire ». On se contente du mot sans chercher à lui donner un sens précis. Même si sous ce terme se cache un facteur aussi concret que les moyens techniques de production, proclamer l'existence d'une « force objective » de l'histoire, indépendante des hommes, ne signifie autre chose
qu'introduire sous une autre forme la force occulte de
l’idée hégélienne qui occupe en souveraine les coulisses de l'histoire. On ne peut pas admettre non plus, dans la philosophie de l’histoire, ce terme comme un nom conventionnel pour la somme de forces individuelles et collectives qui se manifestent dans l’histoire. Car il est trop vague, trop ambigu et crée une équivoque. La preuve en est que ceux qui l'emploient se croient les possesseurs d’un moyen nouveau et puissant pour déchiffrer l'énigme historique. Ils disent «le processus objectif de l’histoire le veut » exactement à la manière de ceux qui disaient et qui disent: « Dieu le veut! » |
Le « processus objectif de l'histoire », employé si
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souvent par les ultraobjectivistes, n'est pas une
&bStraction souvent indispensable dans les recherches
Scientifiques. Une abstraction ne S oppose jamais aux éléments individuels et concrets qui ont servi à la créer et dont elle est l’aboutissant, tandis que nos objectivistes opposent assez souvent « le processus objectif de l’histoire » aux individus, seules forces vivantes et actives du mouvement historique. Ce sont les hommes qui font leur histoire, disait Karl Marx après Vico.
Il est impossible de trouve: dans la réalité historique laïcisée rien qui, en dernier heu, ne se trouve lié à l'homme agissant individuellement ou collective. ment et présentant un système de forces, de sentiments, de besoins et d'idées. L'homme est le seul facteur agissant de l’histoire. Les forces mortes, dites objectives, doivent être considérées, dans l'histoire, comme autant de conditions et de moyens de cette
“action, jamais comme des êtres indépendants, comme
une 50rte de substance historique. La méconnaissance de cette idée si simple, presque élémentaire, a créé — Nous allons le voir — toute une Sociologie qui ge proclame fièrement objective.
En tenant compte de l’action individuelle dans l'histoire, on n'y introduit pas par cela même l'arbitraire et le hasard. L'action individuelle est soumise aux lois, soit naturelles, soit sociales. Les forces individuelles croissent infiniment en se combinant sous une forme Sociale, en s'emparant des forces objectives de la nature. Mais cette croissance même est soumise aux lois et partant a ses limites. } y à bien des obstacles à l’activité humaine dans le milieu natu-
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