‹ La philosophie de l'histoire comme science de l'évolutionChapitre 75 sur 167 · VA A · texte numérisé non relu

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rel comme dans le milieu social. Déterminer ces lois, c’est-à-dire établir les conditions et les effets de l'action humaine combinée avec des forces naturelles, telle est la tâche principale de la philosophie de Î'histoire. L’'individu a tout intérêt à connaître sa force ainsi que sa faiblesse.

En reconnaissant la valeur historique de l'individu, la conception physiologique ou psvchologique à le mérite de se trouver toujours d'accord avec les intérêts et les droits individuels. Elle respecte la liberté et la dignité de l’homme. Ayant pour point de départ l'individu, elle y retourne sans cesse. Toujours et partout elle se demande : le milieu historique donné favorise-t-il ou non le développement individuel, le bien-être individuel? Les historiens philosophes ont trop souvent oublié que l'histoire est faite pour l'homme, que tout phénomène historique n’a de valeur

pour nous qu'en tant qu'il correspond à nos besoins,

à notre idéal. Même en étudiant l’histoire objective-

ment, nous le faisons dans notre intérêt soit en satis-

faisant directement notre besoin de connäîitre, soit en apprenant les meilleurs moyens de la diriger. Jamais l'individu ne consentira librement à sacrifier d’une manière permanente ses intérêts à un étre abstrait et supérieur, quasi-indépendant de lui, qu’il s'appelle collectivité ou progrès social, sans aucun retour de services, comme le demandait encore récemment Benjamin Kidd, un sociologue anglais assez connu, dans les termes suivants : « Si le progrès doit persister, l’indi-

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vidu est tenu à se soumettre aux conditions d’existence extrêmement lourdes que la raison serait prête à Changer. /{ doit favoriser un progrès qui pour lui, comme dde n'aura jamais aucun intérêt pratique. Dans l’intérét du progrès social, l'individu doit étouffer la voix de sa raison... » Kidd. dont le livre a eu un certain retentissement et à été traduit en plusieurs langues, propose la religion comme moyen efficace contre la raison. Si nous av vons la curiosité de demander à notre représentant de la sociologie objective,

| d'ailleurs fidèle à l'e sprit eee sa doctrine : «mais

pourquoi l'individu doit-il se sacrifier au progrès dont 1} ne peut être que vic in me ? », il nous répondra avec

r Sérénité d'un objectiviste que notre question a une

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Lu. Suspecte, notamment la raison dont il s'agit précisément d’étouffer la voix.

Ge raisonnement n'est pas isolé. Tous les organicistes — et ils sont encore légion, — raisonnent dela sorte. Que les individus souffrent, pourvu que l'organisme. social, la création de leur imagination sociologique, soit sain et sauf. Ils sont tellement absorbés par des préoccupations ayant pour objet le « corps social » qu'ils ne s'apercoivent même pas que la maladie, — ou la souffrance — des organes est un mauvais augure pour la santé de l'organisme tout entier. |

Les partisans du statu quo social, tout en reconnaissant que l organisation économique actuelle engendre des maux sans nombre, ont souvent recours à un argument suprême qui consiste dans la nécessité de sauvegarder, coûte que coûte, les biens suprêmes de la civilisation. En laissant de côté ce qui est de sophis-

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