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enseignait : ce n’est pas à la realité ambiante de
-faconner l'idéal. C’est au contraire, l'idéal qui doit
présider à la transformation de la réalité. C'est le contraire que nous voyons dans tous les camps de nos néo-objectivistes. Leur kantisme, à eux, ne les empêche pas d’avoir recours à la phraséologie des politiciens comme Bismarck, ennemi juré des idéalistes. Ils vantent la force des choses, la supré-
matie de la réalité brutale et réduisent leurs revendi-
cations idéales à un minimum dérisoire et subordonnent le but aux moyens, le tout à une partie, ou comme ils disent eux-mêmes, « le but final au mouvement », les aspirations idéales aux préoccupations du pouvoir. |
Hegel, avec son principe d'identité de la réalit té et de l'idée, se trouve encore au fond de leurs considérations théoriques et pratiques. Ils font semblant de
retourner à Kant, mais, en réalité, ils restent bien
cantonnés dans la philosophie hegelienne, ne se
rattachant non à ce qu'elle a de grand, mais à ce
qu'elle contient de réactionnaire et d'absurde.
Les sociologues objectivistes au fond sont inoffensifs. {ls se bornent à écrire des traités de sociologie pour la plupart aussi indigestes qu'incompréhensibles, dont fort peu de gens troublent le repos respectable dans les rayons des bibliothèques.
Je passe à la seconde thèse.
2° Les résultats historiques de l'action individuelle, qui présentent l'ensemble des influences des individus agissant collectivement, apparaissent, au premi r abord,
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nécessairement à l'individu lui-même comme une force
étrangère se trouvant en dehors et au-dessus de lu. Ainsi s'explique l'illusion objectiviste. À chaque
moment de notre vie historique, il nous est donné
d'observer un complexus inextricable de résultats
tout prêts, auxquels l’action des générations a abouti. Nous voyons pour ainsi dire, la fin, sans voir le commencement des processus historiques. Nous constatons les effets dont les causes échappent à l’observation immédiate. D'où est née l'idée d’une nécessité historique qui s'est trouvée vite transformée en une nécessité naturelle. Car la première s'impose à l'individu qui se trouve en présence, d’un résultat acquis avec la même force que la seconde. L'individu isolé, en face des forces colossales accumulées .par Îa société, c'est-à-dire par l’ensemble des individus agissant collectivement, se sent trop faible, et, dans sa faiblesse, il est tout disposé à considérer ces résultats de l’action individuelle dont il n'apercçoit pas l'origine, comme un produit de je ne.sais quelle fatalité historique, de la « marche objective » de Fhisloire, de « l'esprit du temps» tout puissant ou, tout simplement, de la « nécessité historique ».
L'objectivisme est lui-même le résultat de la conscience toute subjective de l'individu isolé qui prend sa propre impuissance, l'impuissance d'un atome social, pour celle de l'individu tout court.
Mais en refusant à nous arrêter aux premiers pas de l'analyse subjective et individuelle, et décomposant le complexus historique pour en rechercher les éléments premiers, nous sommes bien obligés de retrouver, au bout de l'analvse, des forces indivi-
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