‹ La philosophie de l'impérialismeChapitre 10 sur 230 · LES TROIS RACES FONDAMENTALES · texte numérisé non relu

LES TROIS RACES FONDAMENTALES

Après ces fastidieux mais indispensables éclaircissements préliminaires, nous entrons dans le prologue immédiat du drame historique retracé par VEssat^ en abordant la classification des races humaines. Non sans hésitation, non sans scru« pules, il faut le reconnaître, Gobineau fait sienne la grande division acceptée de son temps en familles noire, jaune et blanche. En effet, malgré son dédain pour Faction des milieux, il semble pressentir ici cette conviction de la science contemporaine que la couleur est un caractère fort secondaire, que le noir, par exemple, n'est qu^une livrée commune étendue par le climat des tropiques sous Tépiderme de peuples sans doute fort différents dans leur extraction ; que le blanc pourrait bien être un semi-albinisme produit par la température humide et modérée de certaines régions géographiques. Et il serait injuste de lui reprocher sa classification résignée, car, aujourd'hui même, l'anthropologie, mieux renseignée, demeure bien incapable d'en fournir une plus profonde, à moins de se perdre dans des énumérations sans fin. Noirs, jaunes et blancs, acceptons donc cette première nomenclature, et passons à Texamen d^une question fort agitée en ce temps. Pour obéir aux préoccupations de cette époque antédarwinienne, le comte se demande si ce sont là des races ou des espèces, s'il faut, en d*autres termes, leur reconnaître ou non une origine commune. C'était l'heure où l'Amérique esclavagiste, menacée dans ses intérêts économiques par les progrès des idées égalitaires, applaudissait son hôte européen, Agassiz, affirmant au nom de la science naturelle que les blancs ne sont pas les

Page 1