‹ La philosophie de l'impérialismeChapitre 227 sur 230 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Il faut donc terminer, provisoirement tout au moins, sur ce feu d'artifice éblouissant qui nous arrive reflété par les flots du Rhin, la revue des œuvres et des idées du comte de Gobineau. — Comment conclure cependant en si délicate matière? comment présenter un jugement cohérent sur une pensée que nous avons montrée à ce point ondoyante etdiverse? La sagesse codsiste à louer et à blâmer tour à tour : à prêter Toreille avec intérêt ou à dissimuler un sourire involontaire, aussi capricieusement que passent sur nos fronts les sautes de vent de sa verve gasconne. D'un ensemble d'impressions divergentes, on ne saurait tirer une sentence motivée et définitive. Tout au plus pourrait-on dire que le gobinisme est un état d'esprit foncièrement aristocratique et impérialiste vers le dehors, mais qui, une fois son adepte renfermé dans le groupe élu où il se complaît, revêt toutes les allures d'un utopisme égalitaire.

Dans sa période que nous avons nommée expressément utopique, Gobineau établit ainsi une théorie politique qui semble un Contrat social atténué en idylle pour les participants, mais organisé pour la conquête au dehors, corrigé par un individualisme jaloux qui le fait libéral, et, surtout, volontairement restreint à la race blanche, seule capable d'en porter les charges comme d'en goûter les avantages, l'unique tort de ce noyau d'élite ayant été de ne point traiter plus complètement en bétcs de somme les autres peuplades humaines qu'il soumet et régit par droit de naissance.

Dans sa période asiatique, les séductions perfides de la nature méridionale, les rêveries hallucinantes où se complaît la pensée trop raffinée du vieil Orient, les charmes irrésistibles de Fart méditerranéen font entendre à l'oreille du fils des jarls leurs

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