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CINQUIÈME LEÇON

Parallèle entre saint Thomas et Duns Scot. Thomas dogmatique, Seot critique, Thomas fondé sur les notions nécessaires de la raison , Scot sur la conscience du moi. Por ee côté, il se rapproche du mysticisme. — Le mysticisme, se fondant sur uo mode particulier d'expérience intérieure, se détache de la philosophie, pour laquelle il est uu sujet sérieux d'étude. Hugues et Richard de Saint-Victor ; importance de leurs travaux psychologiques. — Déduction de la trinité divine d'Anselme, fondée sur la notion de l'intelligence absolue. Déduction de la trinité divine de Richard de Saint-Victor, fondée sur l'idée que Dieu est amour : parce que l'amour est la perfection, et que l'accomplissement de l'amour parfait exige trois personnes parfaites. A la base de cette théorie est l'absolue liberté. Elle établit positivement la contingence du monde ou la gratuité de la création. — Reymond de Sabunde fait de l'intérêt moral le critère suprême de la vérité théorique. Ce point de vue revient au fond à celui d'Anselme, la Conscience morale de l'humanité moderne étant fille du christianisme. Cette identité de la conscience morale et du christianisme fait la légitimité scientifique d'une philosophie chrétienne. — La négation du dogme comme tel était une phase nécessaire de l'affranchissement de la pensée . Démolition du moyen âge, restauration de l'antiquité. Philosophie de la renaissance. Giordauo Bruno. Cabale. Elle considère la création comme une restriction partielle de l'existence absolue. Elle pose l'unité de l'être créé. Mysticisme du XVIroe siècle. Jaques Bôhme. La manière intuitive dont il expose l'acte de la vie diviue fait apercevoir la conciliation des idées d'Anselme et de Richard de Saint- Victor sur la Trinité.

Il y a quelque chose de fort instructif dans l'opposition fameuse et si rarement approfondie de saint Thomas et de Duns Scot. Ce sont deux chefs d'école, au vrai sens du mot, car ils représentent deux tendances, deux besoins impérissables de l'esprit humain. La lutte des scotistes et des thomistes recommença sous d'autres noms après que la scolastique fut .tombée dans l'oubli. Elle n'est point encore terminée; Leibnitz et Spinosa, M. Cousin, Hegel à quelques égards, sont thomistes aussi bien que M. l'abbé Rosmini ; Kant était du parti de Scot. Si nous avions

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