A AVANT-PROPOS
c'est-à-dire non seulement la cosmologie, mais encore la plus grande partie de la théodicée et de la psychologie.
Voilà pourquoi l'auteur ne s'est pas reconnu le droit d'éliminer du cadre de ses recherches les éléments empruntés à la nature tant par la religion que par la poésie antique. De là une première partie, où l'imagination et le sentiment jouent un aussi grand rôle que la raison et le raisonnement dans la seconde, d'un caractère avant tout scientifique. En revanche, parmi les textes qui s'offraient en foule malgré tout ce que le temps nous a ravi, il a fallu se borner à quelques citations assez courtes, en s'interdisant les unes parce qu'elles n'étaient pas indispensables, d'autres parce qu'elles sont pour ainsi dire gravées dans toutes les mémoires.
Au surplus, après les travaux si remarquables de Quinet^ de Guigniaut et d'Alfred Maury sur les religions des anciens — de Laprade, de MM. Gebhart et Boissier sur le sentiment de la nature dans la littérature classique — de MM. Zeller et Chaignet sur l'ensemble de la philosophie grecque — de i\lM. Tannery et Milhaud sur la période antésocratique — de Th. H. Martin et de M. Fouillée sur Platon — de Ravaisson et de Lévêque sur Aristote — de Bouillet sur Plotin — il ne restait qu'à tenter la synthèse des résultats obtenus partant d'excellents écrivains. On retrouvera ici leurs jugements les plus remarquables, parfois même jusqu'à leurs expressions : qui pourrait en être surpris? (1)
Des ouvrages tels que celui-ci n'ont rien à attendre de
(1) Uaiis un de ses plus séduisants dialogues, Platon prête à Sociale l'ingénieuse réflexion que voici : « Je sais bien que je n'ai pu trouver par moi-même toutes ces belles choses, car je connais la médiocrité de mon génie. Reste donc que les pensées, qui s'échappaient de mon âme, aient été puisées à des sources étrangères. Mais j'ai l'esprit si indolent que j'ignore comment ni d'où elles me sont venues. » F/auteur, qui n'est ni un Socrate, ni un Platon, prie ses lecteurs de lui accorder, cas échéant, le bénéfice d'une semblable excuse.