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(ait tout. Non, Dieu opère en toute créature, mais la créature opère. Deus opératur in omni opérante. Voilà la vérité : la créature fait quelque chose. Elle n^est rien, et elle ne peut rien, et elle ne fait rien que par Topération divine. Mais cette opération divine ne réduit pas à Pimpuissance absolue Tètre créé. Ce serait le réduire au néant. Bien loinque cette puissance dérivée, attribuée à la créature, marque quelque défaillance dans Ténergie créatrice, c*est précisément ce qui l'atteste le plus vivement. Ce ne sont pas des ombres que Dieu fait, ce ne sont pas des ouvrages morts, ce sont des êtres véritables; c^est quelque chose qui persiste et se soutient en vertu de Tefficace divine, c'est quelque chose d'effectif et dé réel : en un mot Dieu, en créant, fait véritablement être ce qu'il crée. Et parce qu'il est tout-puissant et souverainement bon, il veut communiquer et il communique à des créatures, c'est-à-dire à ce qui n'est rien par soi, l'honneur d'être des causes. Ainsi, pour Malebranche, l'essentiel, en métaphysique, c'est d'établir que Dieu est infiniment puissant et infiniment sage : puissant, il fait tout; sage, il règle tout. De là une morale, qui se réduit j j |
à ces deux points essentiels : reconnaître qu'on ne / | * peut rien et qu'on n'est rien, pour faire honneur à V j la puissance divine ; et puis régler ses pensées et ses sentiments selon la raison, pour faire honneur à la divine sagesse. Hais nous, contrairement à Haie-
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bnnche^ nous croycms qne les créatures ont une efficace propre, et nous pensons, par cela même, relever la tonte-puissance du Créateur ou plutôt . jM ^en établir le caractère vraiment divin, en même temps que nous voyons le triomphe de la sagesse dans cette, opération providentielle qui fait concourir des êtres actife et même libres à funîver- ^ ^^i selle harmonie. Et puis, nous proclamons haute* ;:i:>^; ment la bonté de Dieu, et, bien plus que Maie- .^.v|^^ branche, nous tftchons de mettre en lumière cette . 2>^ bonté souveraine, qui ne contrarie ni la puissance f^ ni la sagesse, mais qui les suppose Tune et Tautre, : ;t et sans laquelle ni Tune ni Tautre ne seraient ^ vraiment divines. Dès lors, en morale, ce n'est pas . v^ assez pour l'être libre de reconnaître sa dépen- ;; v dance essentielle à Tégard de son auteur : U faut qu'il reconnaisse aussi ce qu'il peut, et, pour foire honneur à Dieu, il fout qu'il agisse, avec vigueur, ' .15^ avec élan. De même, ce n'est pas assez qu'il r^le scrupuleusement sa conduite : il faut qu'il soit bon, ,\\\ et qu'étant bon, il donne, et se donne, à l'imita*
tion de Dieu qui donne tout et se donne lui-même à ses créatures.
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