LES CRITIQUES DE MALEBRAMCÙE
divin confondus '; Dieu nécessaire au monde pour le créer, mais le monde nécessaire à Dieu pour Taccomplissement de son ordre inviolable, c'est-àdire pour la conservation de sa nature infiniment parfaite; ainsi Texistence du monde dépendant de la puissance de Dieu, mais Tinfinie perfection de Dieu dépendant de Téternelle création du monde, en sorte que Dieu ne peut non plus se passer* de créer le monde que d'engendrer son Verbe. Voilà donc dans la créature la souveraine perfection, puisque non-seulement elle a une existence nécessaire, mais nécessaire à Dieu même; et voilà en Dieu la souveraine imperfection, puisqu'il ne peut être parfait, en un mot, puisqu'il ne peut être Dieu même sans l'existence actuelle de sa créature'. Non, il ne faut pas supposer Dieu obligé par l'ordre à créer, et à créer ceci plutôt que cela. Dieu est libre : parmi tous les degrés d'être, il choisit celui ou ceux qu'il lui plaît; et quel que soit celui qu'il choisisse, il est bon et digne de Dieu '. Maintenant, chaque être sort des mains du Créateur avec le
1. Réfutation f ch. xxiv. Bossuet Irouve «ce chapitre d'une grande subtilité et fort abstrait, v