Bé/lexions sur la prémotion physique (1715), g
LES GElTHtCffiS DE lULEBRAlIGHB. fôl
toojours présente à sa pensée, illumine, si je puis dire, tous ses écrits.
Bayle attaque Toptimisme. Il adopte la théorie cartésienne de la création continuée, à titre d'hypothèse, bien entendu, et non pour relever la puissance de Dieu, mais parce que rien ne lui parait plus logique, d'une part, et plus contraire, d'autre part, à cette liberté que nous prétendons posséder. Si l'explication des choses la plus naturelle et la mieux fondée en raison, compromet ou plutôt ruine le libre arbitre dont nous croybns avoir un sentiment intérieur invincible, voilà assurément une arme excellente entre les mains d'un sceptique. •Bayle ne se fait pas faute d'en user. U admet donc la création continuée, et pousse cette hypothèse jusqu'à ses conséquences extrêmes, c Gomment un être créé serait-il un principe d'action? » La Bubstance est créée à chaque instant avec ses facultés et ses modalités : car tout cela ne fait qu'un. Dieu est l'auteur unique et immédiat de tout mouvement local, c U n'y a que Dieu qui puisse communiquer des idées à notre âme : l'âme n'est point la cause des idées, elle ne sait de quelle manière elles s'excitent, elle en voudrait qu'elle n'a pas, elle en a qu'elle voudrait n'avoir point : si elle les tirait de son propre fond, elles ne pourraient lui représenter rien de plus parfait qu'elle-même. C'est donc Dieu qui nous communique l'idée que nous avons
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de lui, il existe souverainement parfait, car s*il n'existait pas tel, il ne pourrait pas la mettre dans \
notre esprit ^ » Qu'est-ce que tout cela, sinon du 1
Malebranche tout pur pour la doctrine, avec cette j[
aisance, et ce je ne sais quoi de l^er dans le lan«- t
gage, qui est le propre de Bayle? Écoutez maintenant^ qui suit : c Mais alors Dieu sera la cause des actes de notre volonté?» Oh! ceci, t c'est un 2
abtme : la philosophie n'y peut voir goutte, il faut recourir humblement aux lumières révélées*. » Qu'est-ce à dire, sinon qu'en suivant jusqu'au bout la notion de Dieu on supprime le libre arbitre, qu'en conservant le libre arbitre on limite la puissance de Dieu, et que la foi en proclamant la toutepuissance de Dieu et le libre arbitre, affirme deux choses contradictoires? Selon les principes de Descartes, admis et développés par Malebranche, Dieu est donc seule causé efficace, et tous les êtres sont passifs, même l'âme par conséquent, c Si Ton n'a point poussé la chose jusqu'aux volitions, dit ;
Bayle, c'est à cause des vérités révélées; car sans '
cela, les actes de la volonté se seraient trouvés aussi passifs que ceux de Tentendement. Les mêmes raisons qui prouvent que notre âme ne forme point nos idées et ne remue point nos organes, prouveraient aussi qu'elle ne peut point