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réel. L*àme subit dès son premier mouvement comme une impression de la divinité. Elle sent tout d*abord que les modifications qu'elle éprouve lui viennent d'une cause étrangère, et comme elle sent qu'il lui est impossible de ne pas les éprouver, elle prend, avec la notion de nécessité, celle d'une vo* looté toute-puissante sur elle ^ A mesure qu'elle réfléchît sur sa propre nature, elle arrive à découvrir les attributs divins. Le sentiment confus et obscur devient la connaissance proprement dite.
Le sens de l'existence personnelle, le sens de la coexistence, le sens de l'existence divine, telle est la triple origine du connaître. L*esprit, qui est actif, travaille sur ces données premières : il Jidt la connaissance : sans l'attention par laquelle la notion est dégagée du sentiment qui l'enveloppe, nous n'aurions jamais d'idées. L'esprit sans doute n'est pas sa lumière à lui-même ; mais c'est lui qui dispose des rayons de la lumière, et ainsi il est le créateur de ses idées ^. L'âme, dans Tacte de volonté, est vraiment cause, et cause productrice'. Or, Tatlention, condition de la connaissance véritable, est un acte volontaire. C'est donc par un effort de sa libre activité que l'homme arrive à découvrir ce fond d'être indépendant des sensations qui est lui-
!• ÉUmerUi de mélaphysiquCf p. 29.
î. /6id.,p. 182.
S. Jbid., p. 27-28.
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LES DISCIPLES DE MÀLEBRAIfÇ^^ ' Si 8
même, affirme son existence sentie seulement jusque-là, affirme toute existence, l'existence nécessaire, la cause suprême et infinie, a enfin, pour tout dire en deux mots, l'idée de lui-même, Tidée des choses extérieures, Tidéc de Dicu^
Il est inutile d'insister sur cette doctrine qui n*esl pas sans analogie avec celle que nous exposerons nous-mêmes dans notre conclusion. Avant d'avoir fait connaissance avec Tabbé de Lignac, notre pensée était formée et arrêtée : en retrouvant chez lui tant de choses qui avaient de la ressemblance avec ce que nous pensions nous-même, nous avons éprouvé un secret plaisir, et ses théories ont excité par cela même fort vivement notre intérêt.
Il a donc compris que le point de départ de la philosophie comme de la connaissance elle-même est dans Texpérience, et il a bien vu ce qu'est l'expérience, comment elle embrasse tout d'une certaine façon, comment tout est senti avant d'être connu. L'empirisme se réduit aux faits. L'expérience, telle que l'entend l'abbé de Lignac, c'est la rencontre de l'esprit et de la réalité: rencontre de tous les instants, ou, pour mieux dire encore, commerce intime, dans lequel la réalité se donne et agit, et l'esprit reçoit l'impression qui le stimule lui-même à agir. La t&che et l'honneur d*éclaircir tout lui