Voir la Défense^ Préface
222 DEUXliME PÀRTIB. — CHAPITRE II.
C'est donc Malebrancbe qui représente poor Gerdil la métaphysique, et cela parce que nul n*a mieux compris que Malebranche ces deux choses essentielles, à savoir : 1^ qu'il y a des vérités immuables, étemelles, universellement connues, antérieures à toutes les données des sens, supérieures à notre esprit, vraiment naturelles, puisque ni Téducation, ni la coutume, ni aucun art d'aucune sorte ne peut les expliquer, vraiment divines, puisqu'elles ont pour origine et pour principe Dieu même; 2* que, si nous les concevons, ces vérités, ce n'est pas par notre propre vertu, mais par l'action même que Dieu exerce sur nous. Cela posé, l'esprit humain reprend en lui-même une légitime confiance. Il se garde de cette présomption téméraire qui consiste à juger résolument des choses qui passent notre capacité ; il accepte les vérités de la foi, qui ont pour garant l'infaillible autorité de Dieu, et où il découvre d'ailleurs, par une profonde méditation, de merveilleuses convenances. Mais il se garde d'un honteux et dangereux découragement. Il ose juger, appuyé sur les pYincipes et éclairé par la pure lumière des idées. 11 repousse vigoureusement l'erreur, il maintient énergiquement la vérité, il forme un système où tout s'enchatne régulièrement, dans un ordre lumineux et sûr *.
t. Voir la Défense^ Préface, et part I, cb. i.
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