LES DISG1PLE8 DE MALEBRANCHE
foi, on on ne lui rend que d'hypocrites hommages : il s'attache à montrer que si elle est mystérieuse, elle n*est point absurde, et qu'une raison sévère, mais droite, ne peut rien trouver de solide à opposer à la révélation K
Dans cette grande entreprise, inspirée par une pensée unique, dans cette guerre contre Tincrédu* lité sous toutes les formes, Gerdil, désireux de restaurer à la fois dans les esprits la religion et la vraie philosophie, a pour principes les principes mêmes de la métaphysique de Malebranche ; et il reproduit les théories et emprunte, en plusieurs endroits, jusqu*aux expressions de ce mattre si sincèrement admiré et aimé, c Les corps n*ont aucune action réelle sur l'esprit; les idées ne sont point des modalités de Tâme, et ne sont rien de créé.... Dieu seul, ayant la plénitude de l'être, peut contenir la réalité de tous les genres, et en être la cause exemplaire non moins qu'efficiente.... La substance de Dieu est seule essentiellement intelligible^. Les idées sont la substance même de Dieu, en tant que représentative des êtres créés '. L'être infini et sans restriction doit contenir la réalité ou la perfection qui se trouve dans tous les êtres particuliers, mais sans défaut et
1. Défense de Malebranche, dissert, prélim. déjà citée, et InlroduMùme aile studio deUareligione, Turin, 1755.
2. Défense du sentiment de Malebranche , part, i, ch. m, 4, 8, 10. ' S. Ilid,^ part, m, ch. m, 5.
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sans altérer sa simplicité. Les choses matérielles sont en Dieu, puisque leurs idées archétypes qui en contiennent toute la réalité et la perfection sont en Dieu, et ces idées ne sont point différentes en Dieu, parce que la substance de Dieu et de Tëtre sans restriction, quoique très-simple en elle-même, contient tous les d^rés d*ètre qui constituent Tessence de toutes les créatures possibles, et en conséquence peut les représenter ^ >
II est inutile de multiplier les citations. L'étendue intelligible, la vision en Dieu, les causes occasionnelles, les lois générales de Tunion de Tàme et du corps : tout cela se retrouve dans le cardinal Gerdil. Je remarque qu'en exposant la théorie de la connaissance, il ne se sert pas volontiers des mots voir et vision, qu'il critique même l'emploi que Malebranche a fait de ces expressions en certains endroits ^, et que dans l'illumination de l'Ame par la Raison souveraine il se platt surtout à montrer l'ac- * tion de Dieu. Mais, si c'est s'éloigner un peu de Malebranche que de redouter une métaphore dont il a tant usé, c'est très-certainement entrer dans sa pensée et parler encore comme lui, que de montrer que Dieu uni à l'âme et éclairant Tâme, c'est Dieu agissant dans l'âme. Qu'on en juge par ces passages : c L'union entre Dieu et Tâme consiste en une