‹ La philosophie de Malebranche (volume 2)Chapitre 88 sur 117 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Nous menons d'explorer la philosophie de Malebranche tout entière. Nous n'en avons pas dissimulé les côtés faibles. Ce système élevé sur des fondements ruineux, de toutes parts battu en brèche par la critique, s'est ébranlé à nos yeux, et toutes ces théories téméraires et brillantes se sont montrées à nous avec les conséquences fâcheuses qui les condamnent à périr. Nous avons admiré ce qu'il y avait de pénétration métaphysique dans cette vue profonde des difficultés, ce qu'il y avait de puissance d'esprit dans cet effort tenté pour les vaincre. Mais tant de génie ne nous a point séduit. L'étude de Malebranche n'a point détruit l'impression que sa philosophie, entrevue plutôt que connue, nous avait toujours faite. Maintenant encore, elle nouscharme et elle ne nous satisfait point; elle nous semble belle, et souvent elle nous choque ou nous effraie; nous l'admirons, nous l'aimons, et nous la jugeons avec une sévère impartialité.

Ne reste-t-il donc de cette grande philosophie que des ruines imposantes? non pas. Elle renferme des vérités solides : ces vérités, nous voudrions les conserver à l'abri d'une doctrine plus sûre.

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