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des causes, des agents qui opèrent eax-mèmes a?ec Dieu et par Dieu. Ni Tàme ni même les forces na« turelles ne sont de simples causes occasionnelles. Si la cause est vraiment cause, quoique dérivée, quoique créée, ne Tappelez pas occasionnelle : car ce second mot lui ôtant l'action que le premier lui accorde et sans laquelle elle ne serait plus une cause, Tesprit se trouble. D'un autre côté, si vous supposez qu'elle n'agit pas, et c'est bien pour cela que vous la nommez occasionnelle, supprimez donc le mot de cause : car pourquoi le conserver quand il est dénué de sens ? et si par hasard c'est pour laisser à la créature un semblant d'activité quand vous lui refusez toute réelle efficace, pourquoi ces apparentes concessions à l'opinion commune que vous déclarez si hautement fausse et même impie? Mais non : ce n'est point pour déguiser ses hardiesses que Malebranche emploie ce vieux mot, et il ne songe à tromper personne sur sa véritable pensée. La force invincible du sens commun, la nécessité de maintenir la liberté pour ne pas renverser les notions morales, voilà ce qui lui fait conserver, comme malgré lui, ce mot de cause appliqué aux créatures, en même temps qu'il proclame que c'est un terme applicable, en son vrai sens, à Dieu seul. Pour nous, c'est sans effroi et sans défiance, que nous en usons à propos des êtres créés. Il y a plus : si nous ne l'appliquions aux êtres créés qu'en un sens dé-
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tourné et inexact, nous croirions ne plus pouvoir rappliquer à Dieu. Et yoici pourquoi :
La cause yéritable est celle qui fait quelque chose : et je prends ici le mot faire dans toute sa force : la cause fait, efficii, muX. C'est la cause efficiente, iwa\L%ç miY}Ttxi(. Elle ne fait point de sa substance ce qu'elle produit, elle ne le tire point d'elle-même: ce qu'elle tire d'elle-même, c'est la puissance d'agir, c'est la vertu productrice ; c'est aussi l'idée de ce qu'elle produit, le type qu'elle réalise. Mais ce qu'elle fait n'est pas elle, et n'a substantiellement rien d'elle. Dans ce livre où ma pensée s'exprime, il n'y a rien de ma substance : j'ai fait cet ordre et cet arrangement des mots, qui reproduisent l'ordre et l'arrangement des idées; mais je ne suis pas là, quoique cela ne soit que par moi. Il en est de même dans le monde moral. Quand j'agis sur celui que j'instruis, que je forme, que je façonne, je semble me donner à lui, et on dirait que je mets en lui mes pensées, mes sentiments, et d'une certaine manière tout mon être : mais je ne lui communique pas ma substance ; je reste individuellement distinct de lui et lui distinct de moi. Ici je remarque une très-grande et très-profonde différence entre mes actes et mes œuvres. Je passe et je m'écoule pour ainsi dire dans mes actes ; je suis tout entier et substantiellement dans mes actes ; ou plutôt mes actes c'est moi ; et si je possédais l'ac-
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iivitë infinie et parfaite, cette dernière expression serait rigoureusement vraie. Mais les choses faites par moi ne sont pas moi : si elles étaient moi, elles ne seraient plas choses faites, elles seraient mes actes mêmes et non mes œuvres, et moi, par rap» port à elles, je serais ce qu*est la substance pour ses modes, non ce qu*est la cause pour ses effets. Ce que je/ois est quelque chose qui, tout en n'étant que par moi, n*est pas moi. Ce que je fais a une certaine existence propre qui le distingue de moi son auteur. Seulement, comme je n*agis jamais que sur des choses préexistantes à mon action, je modifie ce qui est, et ne crée rien : ce que je fais n'est jamais que / manière d'être, et non être. Quand mon action est très-puissante, je façonne si bien la matière que je lui donne un semblant de vie, ou je forme tellement les ftmes que j'ai l'air, nous l'avons déjà remarqué, d'y mettre presque les facultés que je ne fais qu'exciter et éveiller. Cela m'est un indice que ce qu'une cause peut produire de plus excellent, ce n'est point une machine où elle agit seule et immédiatement, mais c'est une œuvre vivante qui en apparence se passe d'elle : c'est là que sa puissance éclate le plus. Mais il est trop clair que je ne puis rien/aire de vraiment vivant: je ne puis que susciter des forces vives qui ne tiennent point de moi leur être. Maintenant donc supposons que rien au dehors de moi ne préexiste à mon action, ni matière
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que je puisse travailler, ni ftmes auxquelles je puisse m'adresser : je ferai tout moi-même, je serai créateur ; au lieu de développer ou de façonner ce qui est, je donnerai Tètre même. Mais quoi? donner l'être à ce qui ne Ta pas, est-ce donner quelque chose de soi? est-ce tirer de soi, prendre en soi, quelque chose que Ton donne? non, donner Têtre, c^est/aire être ce qui avant qu'on agisse n'est pas. Il me semble que, si j'avais la puissance de créer, je ne puiserais pas en moi comme en une source ou en un trésor pour en faire sortir l'être : car alors je serais donc un je ne sais quoi de matériel dont les choses seraient faites? Rien ne donnerait de l'acte qui fait être une plus fausse idée que cette grossière image. Il me semble encore que, si je pouvais créer, je ne serais point dans mon œuvre de la même manière que je suis dans mes actes : si cela était, cette œuvre ne serait plus vraiment œuvre ni effet, elle serait un mode de ma substance, je ne serais pas vraiment cause. Que ce soit une simple manière d'être ou l'être même que la cause produise, il faut pour qu'il y ait vraiment production que ce qu'elle fait soit distinct d'elle. Or, voici ce qucf je remarque. Là où l'être existe, on peutêtre vraiment cause, et ne produire cependant que des manières d'être : c'est le cas où je me trouve quand je fais quelque chose. Mais là où rien ne préexiste à l'action productrice, il faut évidemment qu'elle fasse l'être même, c'est-
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àndire quelque chose qui non-seulement semble subsister et agir, mais qui vraiment subsiste et agit. Si la cause créatrice ne fait pas cela, elle ne fait rien. Car, si elle ne fait pas des êtres agissants, elle ne fait donc que des manières d'être? mais des manières d'être de quoi ? de rien autre chose que d'elle-même apparemment, puisqu'elle existe seule. Elle agit donc en elle-même et sur elle-même, elle est substance active, mais elle ne fait rien, et c'est à tort qu'elle est appelée cause. Si donc les êtres créés n'ont aucune activité propre, ne dites pas qu'ils sont créés, ne dites pas que ce sont des êtres : ce sont des modes de la substance infinie, ce ne sont pas les œuvres de la cause première. Et remarquez qu'aucun être créé ne se suffisant à lui-même, il faut se représenter les substances actives qui composent l'univers, non point comme renfermées en elles-mêmes et isolées chacune dans son chez soi, mais au contraire, toutes en relation et comme en contact, et agissant les unes sur les autres, ce que l'expérience confirme, en sorte que ce sont de véritables causes. Il faut donc dire que la cause première, si elle fait vraiment des êtres, fait des substances actives et agissantes, et que ces substances étant des causes, elle fait des causes, réelles, efficaces, quoique dépendantes et dérivées, en un mot des causes secondes. C'est une erreur, de croire la puissance et l'efficace divines incommunicables en
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