Ihid,^ I, ch. II
et, se proposant de lejaire agir vraiment en Dieu, il le fait agir moins bien que ne feraient parmi les hommes les plus sages et les meilleurs.
Aussi bien tous ces principes sont-ils fort peu clairs et fort peu nets * . Dieu est la cause universelle, Dieu ne peut agir que par les voies les plus simples, la conduite de Dieu doit porter les caractères de ses attributs : tout cela est équivoque. Il y a dans ces propositions je ne sais quoi de spécieux qui cause à Tesprit « une sorte d'éblouissement, > et un air de piété qui attire et qui trompe. Quand on les regarde avec quelque attention, on les trouve vagues et pleines de périls. L'auteur lui-même, qui les déclare si importantes et les croit si sûres, est si peu fixé sur leur vrai sens qu'il tombe dans de fréquentes contradictions. Proclamant comme une chose incontestable que les volontés générales sont bien plus dignes de Dieu que les volontés particulières, il attribue néanmoins à des volontés particulières la formation du monde : Dieu peut donc agir d'une manière sage et parfaite, et né pas agir par les voies les plus simples^. Répétant partout que les volontés générales peuvent seules expliquer les irrégularités et les désordres, il reconnaît cependant que dans les plantes et les animaux tout a été formé par des volontés particulières ^ : que devient alors